Rome: Jean Paul II souligne la tâche (250489)
Rome, 25avril(APIC/CIP) Aussi bien le monde que l’Eglise ont besoin de
l’université catholique a déclaré Jean Paul II en recevant mardi 25 avril
les participants du congrès organisé par la Congrégation des Séminaires et
Institutions d’enseignement. Le pape a énuméré toute une série de défis. Le
monde y est confronté. Et si le progrès technique et scientifique, a ses
bienfaits, il comporte des "implications problématiques et inquiétantes".
Des défis "qui concernent la vérité sur l’homme, la vérité sur le monde et
la vérité sur Dieu qui, seul, donne sens à l’homme et au monde", a précisé
le pape.
Jean Paul II a exhorté l’université à aller "à la racine des problèmes".
Soulignant que la vérité doit être comme "l’étoile polaire" de l’enseignement et de la recherche, il a déclaré que la crise de l’université n’est
pas liée à des problèmes d’organisation, mais est "une crise d’identité, de
buts, de valeurs".
L’université catholique sert aussi l’Eglise. Le pape a ici expliqué que
la mission évangélisatrice de l’Eglise et la mission de recherche et d’enseignement se rejoignent et se coordonnent dans l’université. Celle-ci peut
compter sur la lumière du Christ, qui ne ne se trouve pas en-dehors du
champ de la recherche scientifique, comme "une limite et en frein", mais
au-delà de cette recherche, comme "son élévation et l’élargissement de son
horizon".
Le pape en est venu ensuite à quelques tâches propres à l’université.
Dans le domaine scientifique, elle doit oeuvrer afin que la science soit et
reste au service de l’homme et ne se transforme pas en instrument de
destruction. Elle doit aussi veiller aux équilibres sociaux, en rappelant
aux différentes instances que le développement des peuples est plus un problème éthique qu’un problème technique.
Après avoir demandé aux chrétiens laïcs d’être présents "dans les postes
privilégiés de la culture", Jean Paul II a encore prôné une vision humaniste intégrale, dans laquelle toutes les dimensions de l’homme - y compris
spirituelle, morale et religieuse - soient valorisées et cultivées.
Collaboration plus étroite entre l’université catholique et l’épiscopat
Le critère premier, a encore dit le pape, reste le Christ, sans que ce
caractère catholique, "christocentrique", ne détourne l’université de sa
tâche et ne touche à sa légitime autonomie comme lieu de formation morale
et de libre recherche. Ce caractère catholique doit être "visible", s’exprimer dans les statuts et "se traduire dans des choix cohérents", a indiqué Jean Paul II.
En vertu de ce caractère spécifique, l’université catholique est appelée
à être "une voix critique et prophétique" dans la société. Aussi doit-elle
avoir le courage de dire des vérités parfois impopulaires, mais nécessaires
dans la mesure ou il s’agit de préserver la dignité de l’homme, a encore
dit le pape. Constatant que les tâches de l’université sont aujourd’hui
"plus vastes et complexes", il a souhaité, à propos de sa mission scientifique, qu’elle prenne conscience de ses responsabilités accrues dans la
vérification de "l’authenticité morale et humaine" du progrès, l’expérience
montre en effet que le progrès scientifique ne correspond pas nécessairement au progrès moral et humain.
Enfin, Jean Paul II a préconisé une collaboration plus étroite entre
l’université catholique et l’épiscopat, les familles religieuses, les organisations d’Eglise et les fidèles. Et de conclure: "N’ayez pas peur, donc,
chers confrères et éminents professeurs, de professer la catholicité de vos
institutions". (apic/cip/jt/pr)