Rome, 23décembre(APIC/CIP) La traditionnelle cérémonie de présentation
des voeux de Noël au Sacré-Collège, à la Famille Pontificale, à la curie et
à la prélature romaines a donné à Jean Paul II l’occasion de passer en revue quelques événement marquants de l’année écoulée, dont le schisme d’Ecône et la Conférence de Lambeth.
Clôture de l’Année Mariale. Sa célébration a stimulé de nombreuses initiatives (interventions épiscopales, pèlerinages, congrès). Elle a fait
des sanctuaires mariales des "capitales spirituelles" et suscité un renouveau de la catéchèse sur Marie. Le pape a évoqué la dimension oecuménique
de l’Année Mariale, qui a permis aux catholiques et aux orthodoxes de prier
ensemble.
Le Millénaire du baptême de la Russie. Le pape a rappelé les célébrations qui se sont déroulées en URSS, auxquelles a assisté une délégation du
Saint-Siège, ainsi que la célébration organisée à Rome à l’intention de
ceux "qui se reconnaissent en pleine communion avec le successeur de Pierre" (les uniates). Rendant grâce à Dieu pour ce Millénaire, Jean Paul II
lui a demandé d’accorder le réconfort à tous ceux qui luttent en faveur de
la liberté religieuse.
Le 20e anniversaire de Humanae vitae. A propos de ce "courageux document" de Paul VI, le pape a observé que les progrès scientifiques et technologiques entraînent aussi de "graves dangers de dégradation de la personne". Il a réaffirmé qu’on ne peut parler de progrès authentique quand la
dignité humaine est compromise.
Sollicitudo Rei socialis. Cette encyclique sociale de Jean Paul II a été
publiée à l’occasion du 20e anniversaire de l’encyclique "Populorum progressio" de Paul VI, consacrée elle aussi au développement. Le pape a appelé de ses voeux la "construction d’une société qui respecte la personne
humaine dans toutes ses dimensions".
Pastor bonus. Il s’agit de la constitution apostolique consacrée par
Jean Paul II à la réorganisation de la curie romaine. L’adaptation de la
législation de l’Eglise, voulue par Jean XXIII et Paul VI ainsi que par le
Concile Vatican II a été réalisée: le Code de Droit Canonique est déjà
entré en vigueur, celui de l’Eglise orientale sera publié prochainement.
Entre ces deux étapes, Pastor bonus est, a dit le pape, un élément essentiel.
Après avoir évoqué encore ses voyages pastoraux, le consistoire au cours
duquel ont été créés 24 nouveaux cardinaux et les nombreuses béatifications
et canonisations de cette année, Jean Paul II a parlé de deux événements
qui sont venus "assombrir" la vie de l’Eglise, et qui furent pour lui des
motifs "de souffrance et de préoccupation".
Ecône. Le schisme consommé par Mgr Lefebvre (dont le pape n’a pas cité
le nom) laisse intacte la conviction que l’Eglise a "emprunté toutes les
voies permises par la ’conscience de la vérité’ qui lui est propre, en
respectant toujours les sensibilités subjectives et les réactions que des
abus blâmables auraient pu susciter". Au sujet de la commission Ecclesia
Dei, instituée au lendemain du schisme pour accueillir les prêtres et les
séminaristes traditionalistes restés fidèles à Rome, le pape a déclaré que
les premiers résultats obtenus "offrent des motifs d’espoir". Il a émis le
voeu que, grâce à la collaboration des évêques, du clergé et des fidèles
des Eglises plus directement concernées, l’unité catholique sera consolidée.
La conférence de Lambeth. Cette dernière a invité les provinces anglicanes à respecter la décision de celles parmi elles qui accepteraient l’ordination des femmes à l’épiscopat. Une "initiative unilatérale", a dit le pape, qui risque d’entraver le dialogue de la Commission de dialogue anglican-catholique (ARCIC II) et qui pose de sérieux obstacles sur la voie de
la réconciliation. Le pape a invité les responsables de la Communion anglicane à "prévenir des conséquences douloureuses et déplorables non seulement
pour les relations oecuméniques, mais aussi à l’intérieur de la Communion
anglicane. (apic/jt/pr)