Le pape considère "l’ingérence humanitaire" comme
obligatoire quand il en va de la survie de peuples
Rome, 6décembre(APIC) Jean Paul II considère que "l’ingérence humanitaire" doit être rendue obligatoire quand il en va de la survie de peuples ou
d’ethnies. Sans mentionner directement la Bosnie-Herzégovine ou l’opération
"Restore Hope" prévoyant l’envoi de troupes en Somalie, le pape a soutenu
samedi à Rome les initiatives de la communauté internationale destinées à
ravitailler les populations dans les zones de crise ou de guerre, à l’occasion de l’ouverture de la Conférence internationale sur la nutrition.
Le pape Jean Paul II parlait devant les représentants des 160 Etats membres de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Cette conférence, qui dure jusqu’au 11 décembre, a été mise sur
pied par la FAO et par l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé.
Dans son discours au siège de la FAO, le pape a remarqué que "la conscience de l’humanité, désormais soutenue par les dispositions du droit international humanitaire, demande que soit rendue obligatoire l’ingérence
humanitaire dans les situations qui compromettent gravement la survie de
peuples et de groupes ethniques entiers". "C’est là, a poursuivi le pape en
faisant certainement allusion aux situations de l’ex-Yougoslavie et de la
Somalie, sans toutefois les nommer, un devoir pour les nations et la communauté internationale".
Le Souverain pontife a souligné qu’en aucun cas des guerres entre nations ou des conflits internes ne devraient, pour des raisons égoïstes ou
partisanes, condamner à la famine des populations civiles sans défense. Il
a aussi dénoncé ceux qui font obstacle à l’envoi de vivres et de médicaments en se référant abusivement au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays.
Pour le partage des biens disponibles
Jean Paul II a encore observé que l’humanité se rend compte aujourd’hui
que le problème de la faim ne pourra être résolu sur le plan local, mais
seulement grâce à un développement global. Il a relevé que l’accès aux ressources disponibles doit être garanti de même que la formation des plus défavorisés et que leur participation aux responsabilités doivent être assurée. Le pape a précisé que pour atteindre ces objectifs, "il est toujours
plus nécessaire que se répande une conception des relations économiques qui
dépasse les divisions existantes entre les pays et qui soit fondée sur une
vraie solidarité et sur le partage des ressources et des biens produits".
Le pape a alors a rappelé que la production alimentaire mondiale est assez abondante pour satisfaire largement les besoins d’une population même
en augmentation. Il a aussi insisté sur le fait qu’il faut aussi que partout "les Etats, les organisations intergouvernementales, les institutions
humanitaires et les associations privées soient convaincus qu’aucun critère
politique ni aucune loi économique ne peuvent permettre de porter atteinte
à l’homme, à sa vie, à sa dignité, à sa liberté". A propos de la croissance
démographique, le pape a indirectement évoqué le refus de l’Eglise catholique des politiques étatiques en faveur du contrôle des naissances, en soulignant le droit de chaque famille à décider elle-même du nombre de ses enfants. (apic/cic/jt/be)