Rome, 9 juin (APIC/CIP) "L’Unità", le quotidien du parti communiste italien, publie dans son édition de jeudi une interview accordée à son "vaticaniste", Alceste Santini, par le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire
d’Etat du Vatican, à bord de l’avion qui l’emmenait vers Moscou.
Le cardinal rappelle que le pape ne pouvait être présent aux célébrations du millénaire de la christianisation de la Russie, "les conditions
d’une visite qui revêt toujours un caractère pastoral, mais aussi, dans un
certain sens, un caractère officiel, n’étant pas encore mûres". En
déléguant son secrétaire d’Etat, Jean Paul II a voulu être représenté au
plus haut niveau. "Comme secrétaire d’Etat, je suis son plus proche collaborateur et, en cette qualité, je suis chargé de traiter les dossiers qui
regardent les rapports avec les gouvernements", a précisé le cardinal.
Le secrétaire d’Etat rappelle qu’il a été invité par le patriarche Pimen, mais qu’il ne fait aucun doute qu’il y a derrière cette invitation
"une disponibilité, une attention de l’Etat". Il dit son appréciation pour
l’appui donné à différents niveaux par les autorités soviétiques pour que
les célébrations de l’Eglise orthodoxe deviennent "un événement public
d’intérêt national". Il signale encore que lors de sa rencontre avec le patriarche Pimen, Gorbatchev a reconnu le rôle positif que peut jouer l’Eglise sur le plan des valeurs morales.
Parlant de la "perestroïka", le secrétaire d’Etat du Vatican déclare
qu’on se trouve en présence d’une "situation extraordinaire qui suscite de
nouveaux espoirs. Ce qui se passe en Union soviétique, ajoute-t-il, peut
avoir des répercussions sur le plan mondial en renforcant l’esprit de dialogue et en consolidant la paix mondiale". Le cardinal n’en reste pas moins
prudent, affirmant que subsiste "une légère appréhension" que quelque chose
ne se produise qui bloque ou perturbe le processus en cours.
Le cardinal Casaroli voit dans son rencontre avec Gorbatchev au Kremlin,
lundi 13 juin, un "évenement important". Il précise qu’aucun agenda de travail n’a été prévu pour cette rencontre, mais dit qu’il est prêt à aborder
à cette occasion n’importe quel thème permettant de mieux comprendre aussi
bien les rapports entre le Saint-Siège et l’Union soviétique que des
questions d’intérêt mondial, comme le désarmement et la paix.
Enfin, le cardinal Casaroli livre son opinion sur Gorbatchev. Il voit en
lui "un homme sérieux, fiable, qui croit en ses idées". "Je peux dire,
ajoute-t-il, en me faisant l’interprète du pape, qu’il n’y a aucun motif de
douter de ce que fait M. Gorbatchev." (apic/cip/ym)