Rome, 25mars(APIC) Des inquiétudes se font jour au Vatican et dans des
cercles lituaniens proches de l’Eglise à la suite de l’aggravation de la
situation en Lituanie. Mgr Vincentas Mincevicius, le chef de la communauté
lituanienne d’Italie, a adressé un télégramme au pape et au gouvernement
italien pour qu’ils interviennent en faveur de sa patrie. Le Parlement lituanien a doté son envoyé auprès du Saint-Siège, Stasys Lozoraitis, des
pleins pouvoirs extraordinaires pour qu’il puisse faire entendre "librement
la volonté de la nation lituanienne" en cas de violence.
Devant les dernières nouvelles de Lituanie, Mgr Mincevicius a déclaré à
des journalistes à Rome avoir peur d’un conflit et être déçu de l’attitude
de Mikhaïl Gorbatchev. La politique du chef du Kremlin avait tout d’abord
laissé espérer une "spirale de la liberté". "Nous nous sommes visiblement
trompés; mais l’impérialisme soviétique va finir par s’écrouler. les chars
en Lituanie ne sont que l’expression d’un dernier combat", a-t-il affirmé.
Le directeur du Collège Saint-Casimir de Rome, le prélat Bartkus Algimantas Antanas s’est quant à lui montré peu surpris par le comportement impérialiste de l’Union Soviétique, déclarant à l’agence CIC : "Nous n’avons
jamais eu confiance dans le communisme et en premier lieu en M. Gorbatchev,
parce que le communisme a toujours été une incarnation du diable, même
quand il se présente sous un déguisement. Par sa visite au pape, le chef
d’Union Soviétique a fait naître de nouvelles espérances, mais elles ont
été déçues lors de l’entrée des chars en Lituanie".
Pas de "liberté facile"
De l’avis d’Antanas, "la population lituanienne n’aura pas de "liberté
facile"; un bain de sang n’est pas à exclure. Entre-temps, 1’500 jeunes
gens se sont présentés spontanément pour se battre. "Pour le moment ils
n’ont pas - sur une recommandation du président lituanien - pris les armes.
Mais combien de temps encore ? interroge Antanas.
Le prélat attend un soutien du pape, qui a toujours montré de la sympathie et de la bienveillance envers la Lituanie. "Quoi qu’il en soit, 80%
des Lituaniens sont catholiques", a précisé Antanas. (apic/cic/cor)