Rome, 3 mars(APIC) "Ces années j’ai eu un intense échange de lettres avec
le pape Jean Paul II, à la suite de notre rencontre au Vatican en décembre
1989. Et je crois sincérement que ce dialogue continuera". C’est ce que révèle l’ex-leader soviétique, Michael Gorbatchev, dans un article autographe
publié mardi en première page du journal italien "La Stampa". L’ancien
président de l’ex-URSS relève notamment que ce qui s’est passé ces
dernières années en Europe orientale n’aurait pas été possible "sans la
présence de ce pape".
Dans l’article, Gorbatchev parle d’un "profond sentiment" de sympathie
et de compréhension entre lui et le pape. Le lauréat du prix Nobel de la
Paix écrit avoir compris le rôle de Jean Paul II dans la création de ce
qui, plus tard, a été appelé "la nouvelle pensée politique". "Je n’ai aucune difficulte à admettre que dans ses discours, il y avait beaucoup d’idées
avec lesquelles je concordais. Ces idées étaient très semblables à nos idées". Gorbatchev souligne: "Nous pouvons dire aujourd’hui que tout ce qui
s’est passé en Europe orientale ces dernières années n’aurait pas été possible sans la présence de ce pape, sans le grand rôle - politique également
- qu’il a su jouer sur la scène mondiale".
L’ex-président soviétique, qui qualifie pape de "personnalité exceptionnelle", ajoute qu’"aujourd’hui, après les changements profonds en Europe,
Jean Paul II aura encore un grand rôle politique". "Nous sommes, expliquet-il, dans une phase très délicate de transition dans laquelle l’homme, la
personne a et doit avoir un poids vraiment décisif dans la société".
Michael Gorbatchev s’exprime en outre sur les réformes religieuses qui
ont été introduites par la perestroïka. Il dit avoir compris la nécessité
d’instaurer des relations normales entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise
catholique, et attribue une grande importance à l’approbation de la loi sur
la liberté de conscience: "Nous avons rétabli les droits de l’Eglise orthodoxe de Russie qui a subi de très durs coups dans les années du Stalinisme", mais en même temps, ajoute-t-il, nous avons aussi reconnu un rôle dans
la société pour les autres religions. Il faut tenir compte que dans notre
pays il existe près de 100 confessions religieuses diverses". (apic/jt/mp)