Rome: Fin du sommet des évêques catholiques ukrainiens (uniates) (270690)
Rome, 27juin(APIC) L’Eglise catholique ukrainienne (uniate) - dissoute et
intégrée de force dans l’Eglise orthodoxe russe en 1946 sous la pression de
Staline - sera certainement légalisée en septembre prochain. Au cours d’une
conférence de presse mercredi à Rome au lendemain de la rencontre de deux
jours qui a réuni au Vatican les évêques ukrainiens d’URSS et de la diaspora, Mgr Francesco Colasuonno, nonce apostolique en URSS, a expliqué que le
projet de loi sur la liberté religieuse actuellement en discussion prévoit
cette reconnaissance légale.
Les autorités soviétiques se sont déclarées prêtes à la consacrer juridiquement. La nouvelle loi, a-t-il ajouté, pourrait être approuvée d’ici
quelques mois, peut-être en septembre prochain déjà. La légalisation de
l’Eglise catholique de rite byzantin en Ukraine est l’une des conditions
qui permettra le dialogue avec l’Eglise orthodoxe russe, a-t-il relevé. La
rencontre de Rome a permis pour la première fois la réunion de dix-huit
évêques uniates de la diaspora avec le cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky,
archevêque majeur de Lviv (Lvov), dix évêques venus directement d’Ukraine,
des membres de la curie romaine et le pape Jean Paul II lui-même. Une telle
rencontre, rendue possible par la politique d’ouverture de Mikhaïl Gorbatchev et les relations tissées au sommet entre le Vatican et le Kremlin, aurait été impensable il y a quelques années encore.
Mgr Colasuonno a souligné l’importance des négociations en vue de régler
la situation de l’Eglise uniate, auxquelles prennent part des représentants
du Saint-Siège, du Patriarcat de Moscou, des Eglises uniate et orthodoxe
d’Ukraine, des négociations interrompues en mars derniers par les uniates
mécontents de leur déroulement. Le représentant du Saint-Siège souhaite la
reprise de ces contacts le plus vite possible, et espère qu’il y aura "également une réponse de la part de nos frères orthodoxes" et que le climat
"sera meilleur".
Négociations ardues avec les orthodoxes
Pour Mgr Sterniuk, représentant en Ukraine du cardinal Lubachivsky (vivant en exil à Rome), il est faux d’affirmer que ce sont les uniates qui
ont quitté la table des négociations en mars dernier parce qu’ils étaient
mécontents du Saint-Siège et du cardinal Lubachivsky. Ce départ, a-t-il expliqué, était motivé par le fait que les orthodoxes entendaient n’aborder
que le thème de la division des Eglises, à l’exclusion de toute autre question, notamment la réhabilitation de l’Eglise uniate.
A l’issue de la session de la hiérarchie ukrainienne, à laquelle Jean
Paul II a assisté les deux jours durant, les évêques ukrainiens ont déclaré
dans un communiqué vouloir vivre avec l’Eglise orthodoxe "dans un esprit de
fraternité et de collaboration", chacun travaillant à l’unité voulue par le
Christ. Ils demandent aux orthodoxes que leur Eglise soit reconnue comme
une "Eglise soeur" et qu’ils respectent sa liberté de se professer catholique. A l’adresse des autorités soviétiques, les évêques ukrainiens insistent encore une fois sur l’importance qu’ils attachent à la reconnaissance
légale de leur l’Eglise et se font "les interprètes de la volonté des fidèles de l’Ukraine de contribuer au bien commun de la société, dans le respect de l’ordre public". Les évêques souhaitent que leur soit reconnu le
droit d’ouvrir des séminaires et d’envoyer des candidats au sacerdoce dans
les Universités étrangères. (apic/jt/cip/cic/be)