Rome: Fête des saints Pierre et Paul (290692)
Rome, 29juin(APIC) Que "se réalise vite la pleine unité des chrétiens":
c’est le souhait exprimé lundi par le pape Jean Paul II au cours de la messe qu’il a célébrée dans la basilique Saint-Pierre, à l’occasion de la solennité des saints Pierre et Paul, les "colonnes de l’Eglise".
La fête des saints Pierre et Paul est célébrée au Vatican et à Rome, où
le 29 juin est jour férié. Une délégation du patriarcat oecuménique de
Constantinople assistait, comme le veut la tradition, à la cérémonie. Le
Saint-Siège, de son côté, envoie une délégation à Istanbul pour la fête de
saint André.
Au cours de la messe, Jean Paul II a embrassé le chef de la délégation,
le métropolite Iakovos, archevêque du diocèse d’Amérique du Nord et du Sud
(New York), qu’accompagnait un diacre de son Eglise et deux prélats de
l’Eglise grecque-orthodoxe d’Italie.
Le pape a également remis le pallium à trente archevêques venus d’Europe
(13), d’Amérique du Sud (9), du Nord (3), d’Afrique (3), et d’Australie
(2). Dans son homélie, le pape leur a rappelé le sens de ce rite, qui souligne le lien de communion intime qui lie chacun d’entre eux "au successeur
de Pierre, principe et fondement visible de l’unité de toute l’Eglise".
Purifier les mémoires
Recevant la délégation orthodoxe après la prière de l’Angelus, Jean Paul
II a lancé un vibrant appel à l’unité. Constatant que "durant de nombreuses
années le dialogue de charité a pu se dérouler main dans la main, dans un
riche dialogue théologique entre l’Eglise catholique et toute l’Eglise orthodoxe, le pape a cependant remarqué: "Plus récemment, des difficultés
pratiques ont émergé dans diverses parties du monde, qui semblent avoir mis
sous pression ces contacts".
Les difficultés dans le dialogue qui expliquent l’absence de plusieurs
invités orthodoxes au Synode des évêques sur l’Europe, sont nées après
l’écroulement du communisme à l’Est, les orthodoxes accusant Rome de prosélytisme. Aux yeux de Jean Paul II, cette détérioration est à mettre pour
une bonne part sur le compte "du triste héritage d’une longue et tragique
période de persécution que les communautés chrétiennes ont endurée dans divers pays au cours de ce siècle". C’est pourquoi, a-t-il ajouté, "une authentique purification des mémoires est nécessaire", tout comme "un plus
grand sens de la charité chrétienne et du pardon mutuel".
Le pape a assuré en conclusion que "l’Eglise de Rome est pleinement disponible pour coopérer avec le patriarcat oecuménique en vue du renforcement
du dialogue de charité, en particulier dans ces régions où des difficultés
sont apparues récemment. Une atmosphère de respect mutuel permettra que les
paroles et les actes ne soient pas mal interprétés, mais compris à la lumière d’une relation sur l’ouverture et la fidélité". (apic/cip/jt/pr)