Rome, 6décembre(APIC) Dans un document adressé aux Conférences
épiscopales du monde entier et portant la date du 5 novembre, mais rendu
public samedi 5 décembre 1987, la congrégation pour le Culte divin propose
quelques éléments de réflexion et d’interprétation des normes canoniques
concernant l’usage dans les églises des divers genres de musique : musique
et chant pour la liturgie, musique d’inspiration religieuse, musique non
religieuse.
Le document parle surtout des exécutions musicales en dehors des
célébrations liturgiques : "Les églises ne peuvent être considérées comme
de simples lieux publics, disponibles pour des réunions de tous genres. Ce
sont des lieux sacrés, c’est-à-dire mis à part d’une manière permanente
pour le culte rendu à Dieu par la consécration ou la bénédiction." Le document cite le canon 1210 du code de droit canonique qui dit que "ne sera admis dans un lieu sacré que ce qui sert ou favorise le culte, la piété ou la
religion. Y sera défendu tout ce qui ne convient pas à la sainteté du lieu.
Cependant l’ordinaire peut permettre occasionnellement d’autres usages qui
ne soient pas contraires à la sainteté du lieu". De là, précise le document, "il n’est pas légitime de programmer dans une église l’exécution
d’une musique qui n’est pas d’inspiration religieuse et qui a été composée
pour être exécutée dans des contextes profanes, qu’elle soit classique ou
contemporaine, savante ou populaire. Il appartient à l’autorité ecclésiastique d’exercer librement ses pouvoirs dans les lieux sacrés et donc de
réglementer l’utilisation des églises en faisant respecter leur contexte
sacré."
"La musique sacrée, c’est-à-dire celle qui a été composée pour la liturgie mais qui pour des raisons actuelles ne peut être exécutée durant une
célébration liturgique, et la musique religieuse, c’est-à-dire celle qui
s’inspire des textes latins de l’Ecriture ou de la liturgie, ou qui est en
rapport avec Dieu, la Vierge Marie, les saints ou l’Eglise, peuvent avoir
leur place dans l’église en dehors des célébrations liturgiques. Le jeu
d’orgue et d’autres exécutions musicales, vocales ou instrumentales peuvent
servir ou favoriser la piété ou la religion. Quand des organisateurs demandent d’utiliser une église pour exécuter un concert, il appartient à l’ordinaire d’accorder la concession "per modum actus". Cela doit être entendu
de concert occasionnels. Cela exclut en conséquence une concession cumulative, par exemple dans le cadre d’un festival ou d’un cycle de concerts. Si
l’ordinaire l’estimait nécessaire, il pourrait dans les conditions prévues
par le code de droit canonique désigner une église qui ne sert plus au culte comme "auditorium" pour l’exécution de la musique sacrée ou religieuse,
et même pour les exécutions musicales profanes, à condition qu’elles conviennent à la sacralité du lieu".
En conclusion le document énumère les dispositions pratiques : l’entrée
à l’église doit être libre et gratuite et les exécutants et auditeurs doivent avoir une tenue et un comportement convenant au caractère sacré du
lieu. La Congrégation pour le Culte divin précise que cette insistance sur
des dispositions déjà existantes ne manifeste aucun mépris pour la musique.
Il s’agit de conserver l’identité de l’église comme un lieu sacré, même en
dehors des célébrations liturgiques. (apic/jt/cor)