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    Rome: "Ecône disposé à se mettre au service (170791)

    du Saint-Siège" à certaines conditions

    Déclarations de l’abbé Schmidberger à l’hebdomadaire "Trenta Giorni"

    Rome, 17juillet(APIC) "La Fraternité sacerdotale saint Pie X est disposée

    à se mettre au service du Saint-Siège et des évêques, mais pas à n’importe

    quel prix". C’est ce que déclare dans une interview accordée à l’hebdomadaire catholique italien "Trenta Giorni" l’abbé Franz Schmidberger, supérieur de la Fraternité intégriste Saint Pie X fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Mais il assortit son affirmation de conditions si irréalisables que

    la réconciliation n’est pas pour demain.

    "Veuille le bon Dieu nous maintenir dans notre disposition à servir le

    Saint-Siège et les évêques", affirme l’abbé Schmidberger, un prêtre allemand de 44 ans, en précisant que la Fraternité n’acceptera "aucun compromis

    concernant aussi bien la nouvelle liturgie que les erreurs du concile Vatican II et l’illégitime laïcisation des Etats catholiques".

    Les traditionalistes sont prêts à une "soumission totale et sans réserve

    aux autorités romaines et aux évêques", mais à condition que ceux-ci professent "toutes les doctrines des documents pontificaux (...) condamnant

    toutes les erreurs qui y sont énumérées".

    Selon le supérieur de la Fraternité, celle-ci n’attend de Rome que la

    réponse à quelques questions, à savoir: le Syllabus, qui condamne "le mariage sacrilège entre l’Eglise et le monde moderne" est-il toujours en vigueur ? Rome est-elle prête à souscrire aux documents Quanta cura, aux serment antimodernistes, à Quas primas, Mortalium animos et Humani generis ?

    "Nous suivons attentivement l’évolution des événements. Nous réfléchissons, prions, travaillons, restons attachés fermement à la chaire de saint

    Pierre, mais tant que Rome ne change pas son orientation actuelle, nous ne

    pouvons permettre que se dispersent et soient laissés à l’abandon les ouailles, qui ont droit à des pasteurs fidèles".

    "Abjurer" le concile

    Dénonçant une fois encore "les dégâts incalculables et la profonde confusion qui ont suivi le concile Vatican II", lequel a engendré "une véritable révolution dans l’Eglise", l’abbé Schmidberger ne nourrit guère

    d’espoir de voir les responsables de l’Eglise "abjurer" l’Eglise conciliaire. Mais il met en garde: un jour viendra où les circonstances imposeront

    une telle décision. Et d’expliquer: "Partout il y a des apostasies, on assiste à une incroyable prolifération de sectes, l’immoralité s’est répandue

    dans le monde entier".

    La bonne santé du mouvement lefebvriste

    L’abbé Schmidberger, qui assure que ceux qui sont restés fidèles à la

    tradition "sont aujourd’hui plus que jamais unis dans la lutte", donne

    quelques chiffres qui témoignent de la bonne santé de la Fraternité traditionaliste Saint Pie X.

    Au lendemain du schisme, suite à l’ordination par Mgr Lefebvre de quatre

    évêques de la Fraternité (le 30 juin 1988 à Ecône), celle-ci a perdu dixsept prêtres, soit 7% de ses effectifs, affirme son supérieur; la proportion est à peu près la même chez les séminaristes. Par contre, on n’a enregistré le départ d’aucun religieux ou religieuse.

    Les évêques ordonnés en 1988 ont à leur tour déjà ordonné 70 nouveaux

    prêtres: à l’heure actuelle, précise l’abbé Schmidberger, la Fraternité

    compte 256 prêtres et 230 séminaristes, et plus de 30 ordinations sacerdotales doivent avoir lieu en 1992. Toujours selon le supérieur général,

    l’assistance aux offices de la Fraternité a de même augmenté de 20% depuis

    le schisme.

    Le cardinal de Sion et le "schisme suisse"

    A relever dans l’interview une appréciation peu flatteuse de l’évêque de

    Sion (diocèse sur le territoire duquel se trouve Ecône), le cardinal Henri

    Schwery. Dans la première interview qu’il a accordée après l’annonce de son

    élevation à la pourpre cardinalice, affirme l’abbé Schmidberger, Mgr Schwery (qui a aussitôt démenti, ndlr), "n’a rien trouvé de mieux que de conseiller à son collègue Mgr Haas, l’évêque de Coire, constesté par le clergé

    du diocèse et par différents évêques sous prétexte qu’il est trop conservateur, de démissionner".

    Aux yeux du supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X,

    "cela ne peut que favoriser ce schisme suisse qui, pour beaucoup, est désormais imminent. La situation étant telle, quelle relation pourrions-nous

    avoir avec lui?"(apic/cip/sjb)

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