Rome: discours du pape devant la Commision biblique pontificale (230493)
message biblique plus largement reconnue
Rome, 23avril(APIC) Les nouvelles méthodes d’investigation des textes bibliques on fait l’objet d’un examen de la part de la Commission biblique
pontificale. Le pape Jean Paul II a salué vendredi ce travail dans un discours prononcé à l’occasion du centenaire de l’encyclique "Providentissimus
Deus" (Leon XIII, 1893) et du cinquantenaire de l’encyclique "Divino afflante Spiritu" (Pie XII, 1943)
Dans sa longue allocution faite en français devant les membres de la
Commission biblique et de l’Institut biblique, du collège des cardinaux et
du corps diplomatique, Jean Paul II a encouragé à utiliser tous les moyens
afin que la signification universelle du message biblique soit largement
reconnue, en insistant pour que sa valeur rédemptrice puisse être manifestée partout. Le pape a en outre salué la publication du document élaboré
par la Commision biblique pontificale. "La façon d’interpréter les textes
bibliques pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui a des conséquences
diverses sur leur relation personnelle et communautaire avec Dieu", a-t-il
observé.
Le pape a rappelé que "la partie polémique ou, plus exactement apologétique des deux encycliques est différente": la première vise surtout à protéger l’interprétation catholique de la Bible contre les attaques de la
science rationaliste; la seconde se préoccupe davantage de défendre l’interprétation catholique contre les attaques qui s’opposent à l’utilisation
de la science par les exégètes et qui veulent imposer une interprétation
non scientifique, dite "spirituelle", des Saintes Ecritures. Pie XII, a dit
le pape, a revendiqué l’union étroite des deux démarches.
"Ces deux encycliques, a poursuivi Jean Paul II demandent aux exégètes
catholiques de rester en pleine harmonie avec le mystère de l’Icarnation,
mystère d’union du divin et de l’humain dans une existence historique tout
à fait déterminée".
Percevoir plus nettement la Parole de Dieu à travers les textes
Si l’étude des conditionnements humains de la parole de Dieu "doit être
poursuivie avec un intérêt sans cesse renouvelé", cette étude ne suffit
pas: "Pour respecter la cohérence de la foi de l’Eglise et de l’inspiration
de l’Ecriture, l’exégèse catholique doit être attentive à ne pas s’en tenir
aux aspects humains des textes bibliques. Il lui faut aussi et surtout aider le peuple chrétien à percevoir plus nettement dans ces textes la Parole
de Dieu, de façon à mieux l’accueillir, pour vivre pleinement en communion
avec Dieu. A cette fin, il est évidemment nécessaire que l’exégète lui-même
perçoive dans les textes la parole divine, et cela ne lui est possible que
si son travail intellectuel est soutenu par un élan de vie spirituelle".
Jean Paul II a encore montré que "la docilité à l’Esprit Saint produit
et renforce une autre disposition nécessaire pour la juste orientation de
l’exégèse: la fidélité à l’Eglise". Fidélité qui consiste à "se situer
résolument dans le courant de la grande tradition qui, sous la conduite du
magistère, assuré d’une assistance spéciale de l’Esprit Saint, a reconnu
les écrits canoniques comme paroles adressées par Dieu à son peuple et n’a
jamais cessé de les méditer et d’en découvrir les inépuisables richesses".
Le pape a justifié le travail de la Commission biblique par les nombreuses découvertes, ainsi que les nouvelles méthodes d’investigation et d’analyse mises au point depuis l’encyclique de Pie XII (1943). Il a surtout
montré l’intérêt du travail réalisé par la Commission.
Le pape a conclu en plaidant pour l’inculturation: la Bible est diffusée
aujourd’hui sur tous les continents et dans toutes les nations. Mais pour
que son action soit profonde, il faut qu’il y ait une inculturation selon
le génie propre de chaque peuple. Peut-être les nations moins marquées par
les déviances de la civilisation occidentale moderne comprendront-elles
plus facilement le message biblique que celles qui sont déjà comme insensibles à l’action de la parole de Dieu à cause de la sécularisation et des
excès de la démythologisation". (apic/cip/pr)