Rome: Des femmes ordonnées prêtres durant (270191)
Démenti du Vatican
Rome, 27janvier(APIC) Les informations selon lesquelles, durant la période des dictatures communistes en Europe de l’Est, lorsque l’Eglise catholique était contrainte pour survivre de mener une vie clandestine, des hommes
mariés et même des femmes, auraient été ordonnés prêtres ou évêques, est
contredite par le Vatican. Joaquin Navarro Valls, directeur de la salle de
presse du Vatican, a précisé qu’"il est étonnant de voir comment un cas
isolé, dû à une personne souffrant d’une maladie mentale, est présenté comme s’il s’agissait de la manière normale d’ordonner dans ces Eglises qui
étaient obligées d’exercer des activités clandestines". La personnalité mise en cause est Felix Davidek, "évêque clandestin" de Brno, en Moravie, qui
a procédé durant la période de persécution religieuse en Tchécoslovaquie à
des ordinations clandestines irrégulières.
Navarro Valls ajoute que si cela avait été le cas, il y aurait tous les
éléments pour mettre en question la validité de ces ordinations. Le mensuel
italien catholique "Jésus" avait récemment révélé que la Congrégation pour
la doctrine de la foi était en train d’examiner la situation de quelques
centaines de prêtres et de quelques évêques qui ont été ordonnés clandestinement dans les pays de l’Est, et que parmi ces personnes, il y aurait des
hommes mariés et même des femmes.
En se basant sur les affirmations de l’ambassadeur tchécoslovaque auprès
du Saint-Siège, Frantisek Halas, et d’un évêque qui a gardé l’anonymat, le
mensuel attribue la responsabilité de ces ordinations à l’évêque Felix-Maria Davidek, mort en 1988, qui aurait choisi des hommes mariés pour les ordinations sacerdotales parce qu’ils étaient moins suspects pour la police
secrète tchécoslovaque. L’ambassadeur aurait aussi affirmé que l’évêque Davidek estimait que l’ordination des femmes était possible et qu’il avait
entendu parler de deux cas de femmes ordonnées.
Il y a bien eu des ordinations clandestines, mais faites régulièrement
En avril dernier, à la veille de la visite du pape en Tchécoslovaquie,
des bruits avaient circulé dans le pays à propos de "centaines" d’ordinations clandestines effectuées par un scientifique de Brno, Felix Davidek,
qui aurait ordonné durant les années de persécutions des hommes mariés,
mais également des femmes comme diacres et comme prêtres. De son côté,
l’abbé Vaclav Maly, organisateur du Forum Civique et curé de la paroisse
St-Gabriel à Prague, avait révélé dans l’édition du 22 avril du journal
catholique "Katolicky tydenik" que le pape Jean Paul II, alors archevêque
de Cracovie, "était à nos côtés : il a ordonné secrètement de nombreux prêtres de la Tchécoslovaquie, pour qu’ils puissent servir leur Eglise". Mais
ce cas-là, à l’évidence, n’a rien à voir avec les pratiques de F. Davidek.
Cette information - confirmée par d’autre sources, comme l’abbé Tomas
Halik, secrétaire de la Conférence épiscopale tchèque - est reprise par le
mensuel catholique italien, qui affirme que selon un évêque tchèque, Mgr
Karol Wojtyla, quand il était archevêque de Cracovie, a ordonné des dizaines de prêtres tchécoslovaques clandestins. Sur ce point, le directeur de
la salle de presse du Vatican, a précisé que "quelques Eglises d’Europe
centrale et orientale qui étaient plus libres que les autres se sont efforcées d’aider les Eglises soeurs dans l’épreuve, et il y a donc eu des évêques qui ont ordonné des évêques et des prêtres, mais toujours selon les
normes canoniques et en en informant toujours le Saint-Siège".
On ajoute que ces ordinations avaient lieu hors du pays du candidat et
toujours avec la permission de l’évêque ou du supérieur du candidat. Le
communiqué souligne enfin que cette ligne a toujours été suivie "naturellement aussi par l’archidiocèse de Cracovie, pour des cas limités correspondant à des situations très particulières", et que jamais des hommes mariés
ou des femmes ont été ordonnés. (apic/jt/be)