Rome : de nouveaux cardinaux pour bientôt (120488)
Rome, 12avril(APIC) On attend pour bientôt à Rome la nomination de nouveaux cardinaux. Le nombre de ceux qui pourraient prendre part à une élection pontificale est tombé à 97. Pour atteindre le nombre de 120 cardinaux,
Jean Paul II pourrait en créer 23 nouveaux dans un prochain consistoire. 39
des 136 membres du collège ont déjà dépassé les 80 ans. S’ils appartiennent
encore au plus important conseil consultatif du pape, ils ne peuvent plus
être membres d’un conclave.
Il y a beaucoup d’hypothèses sur ceux que le pape va introduire dans le
cercle de ses conseillers les plus proches. Il a davantage de possibilités
cette fois que lors du dernier consistoire de 1985. Après une réforme de la
curie, un certain nombre de places étaient alors réservées d’avance aux
nouveaux chefs des autorités vaticanes.
Ces dernières années, un certain nombre de sièges épiscopaux liés
traditionnellement au cardinalat ont été repourvus. Ainsi la pape nommera
certainement cardinaux l’archevêque de Vienne, Hans Hermann Groer, ainsi
que le nouveau primat de Hongrie Laszlo Paskai.
Gênes et Naples sont des sièges épiscopaux liés au cardinalat en Italie,
Séville en Espagne, Marseille et peut-être Rennes en France. De nouveaux
pasteurs ont été nommés dans toutes ces villes. Il y a aussi quelques
Américains du Nord parmi les candidats : de nouveaux évêques ont été nommés
à Los Angeles, Philadelphie, Détroit, Washington et San Francisco. Il faut
ajouter encore les nouveaux patriarches copte et maronite liés à Rome.
La nomination des cardinaux du Tiers-Monde sera particulièrement
intéressante. On parle à Rome du dominicain brésilien Lucas Moreira Neves,
qui était jusqu’il y a peu de temps secrétaire de l’importante congrégation
des évêques. Mais Mgr Rivera Damas de San Salvador pourrait aussi faire
partie des élus. Il y a encore l’archevêque du Cap Stephan Naidoo qui s’est
fait un nom dans les milieux du Vatican. Il en va de même pour l’archevêque
de Tokyo Peter Shirayanagi.
Un cardinal suisse ?
Il n’y a eu que quatre cardinaux suisses dans l’histoire : Matthäus
Schiner, évêque de Sion; Gaspard Mermillod, évêque de Lausanne; l’abbé
Journet qui fut nommé cardinal en 1965; Benno Gut, abbé d’Einsiedeln, qui
fut créé cardinal en 1967. Il y eut un certain nombre d’évêques des diocèses suisses qui furent nommés cardinaux et même papes, mais ils n’étaient
pas d’origine suisse. Ainsi le pape Jules II fut évêque de Lausanne et
l’antipape Félix V évêque de Genève.
En Suisse, il n’y eut jamais d’archevêché. Cela explique en partie le
petit nombre de cardinaux suisses. Pour le futur consistoire, on ne sait
rien. La nomination des cardinaux est exclusivement l’affaire du pape. Il
est possible même que certains préfets des congrégations romaines ne deviennent pas cardinaux. La Conférence des évêques suisses n’a reçu aucune
information sur l’éventuelle nomination d’un cardinal suisse.
Le collège des cardinaux, Eglise en raccourci
Comme Jean Paul II vise à faire du collège des cardinaux un miroir de
l’Eglise en raccourci toujours plus ressemblant, il choisira certainement
d’autres évêques noirs africains ainsi que des représentants de l’Eglise
d’Amérique latine ou d’Australie. Et peut-être y aura-t-il aussi un représentant des Eglises de l’Est. La cardinal de Prague, Frantisek Tomasek (88
ans) ou le Letton Julijans Vaivods (92 ans) exercent encore leur charge
épiscopale, mais ils ne pourraient plus participer à un conclave.
Le nouveau consistoire devrait permettre de continuer sur la voie de
l’internationalisation du "Sénat" de l’Eglise catholique. Il y a
aujourd’hui des cardinaux de 56 pays. Jean Paul II a été élu par des
cardinaux de 48 états. Les cardinaux qui ont élu Paul VI provenaient de 31
pays différents, et Jean XXIII, de 23 pays. Le nombre des Européens est en
constante diminution. Ils sont aujourd’hui encore plus de la moitié, mais
dans en conclave ils seraient minoritaires. (apic/cic/ym)