Rome : Congrès international sur (260489)
"Résultat positif", estime le P. Guido Vergauwen, de l’Uni de Fribourg
Rome/Fribourg, 26avril(APIC/CIP) Voulu par la Congrégation vaticane pour
les Séminaires et Institutions d’Enseignement, un congrès international sur
l’identité et le rôle des institutions catholiques d’enseignement supérieur
a rassemblé à Rome plus de 200 participants, aussi bien des responsables de
l’enseignement que des évêques. La Suisse était représentée par Mgr Eugenio
Corecco, évêque de Lugano et délégué de la Conférence des évêques, et le
Père Guido Vergauwen, professeur de théologie fondamentale à l’Université
de Fribourg, qui a jugé "positif" le résultat de cette consultation.
Dans une interview accordée à l’agence APIC, le P. Vergauwen a jugé positif le fait que des corrections ont pu être apportées au projet de document romain, sorte de "charte" pour l’ensemble des institutions catholiques
d’enseignement supérieur. Il rejoint ainsi l’opinion de Roger Dillemans,
recteur de l’Université catholique de Louvain (KUL, néerlandophone) et celle d’autres recteurs occidentaux, qui ne voient pas l’utilité de cette
charte pour l’ensemble des Universités catholiques. Ces derniers veulent
bien collaborer à sa mise au point pour les pays qui en ont besoin.
En Belgique, précise le prof. Dillemans, les Universités catholiques
sont très bien intégrées dans le système national : elles sont reconnues,
subventionnées et ont un rôle et une image propres. "Rome ne saurait guère
y apporter d’amélioration!", lance le recteur de la KUL, qui souligne les
bonnes relations qu’elles entretiennent avec l’épiscopat belge. Les Universités catholiques américaines, fortement représentées à ce congrès, et celles entre autres de Belgique, des Pays-Bas et de France, ont dit clairement
au Vatican qu’elles n’avaient pas besoin de normes nouvelles. Le recteur de
Louvain estime que le document romain "doit apporter un stimulant, une
inspiration et un soutien; ensuite, il faut rechercher la tâche de
l’Université catholique du XXIe siècle, et non celle de hier ou du passé :
à nouvelle époque, nouvelles tâches".
Les instances romaines bien disposées
"J’ai l’impression que les instances romaines ont vraiment écouté, relève le P. Vergauwen, et le résultat le plus positif me semble justement que
l’on a constitué une petite commission de 15 personnes représentant l’ensemble des Universités catholiques qui vont rédiger le document final en
collaboration avec la Congrégation vaticane concernée. Il y a là vraiment
un pas en avant, puisqu’il y a une participation véritable des personnes
concernées."
A propos du projet de document, qui doit donc être retravaillé, le dominicain d’origine flamande relève qu’il était trop long, et que dans sa partie descriptive, on n’a pas tenu suffisamment compte des structures réellement existantes des Universités catholiques. Dans les normes - la deuxième
partie du document - le P. Vergauwen estime que l’on dépassait de loin ce
qui est prévu dans le droit de l’Eglise, puisqu’il y a certains canons qui
se réfèrent aux Universités catholiques. "Nous avons insisté pour que l’on
réduise les normes jusqu’au strict minimum, puisque chaque Université a
pratiquement ses propres statuts, en accord avec l’Etat, etc. Ainsi, on ne
peut pas dire que ce sont les mêmes normes qui peuvent être valables pour
tout le monde et partout".
Comment définir la catholicité
Un autre point difficile à régler, poursuit le théologien de Fribourg,
est la définition de la catholicité. Pour lui, il y a un premier niveau purement institutionnel : catholique veut alors dire qu’il y a un lien institutionnel avec l’Eglise catholique romaine; ensuite, un deuxième niveau
plus complexe - théologiquement parlant - : avec le mot catholique, on indique ce qui est par exemple ouvert à toute la culture qui est en faveur de
la promotion de la dignité de l’homme. De ce point de vue, on a évidemment
de nombreuses Universités qui, d’une certaine façon, ne sont pas institutionnellement liées à l’Eglise catholique, mais qui, dans leur gestion et
dans leur vision globale, ont une inspiration que l’on pourrait appeler catholique. A son avis, le document du Vatican n’était pas clair sur ce
point, "car il mêlait constamment les deux niveaux".
La liberté de la recherche constituait également une pierre d’achoppement, car elle n’était pas suffisament définie et clairement exprimée. Pour
le P. Vergauwen, il y a une tension entre foi et science, "et il me semble
que l’on ne peut favoriser ni l’une ni l’autre, mais une véritable recherche dans une Université qui se dit catholique doit essayer de trouver un
équilibre entre le sérieux de sa recherche et tenir compte d’autre part des
valeurs humaines et évangéliques". A ce propos, l’évêque de Bruges, Mgr
Vangheluwe, a fait une intervention très remarquée. Le prélat flamand a
rappelé que le concept de vérité est quelque chose d’équivoque, et non
d’univoque : il y a la vérité de la foi et la vérité de la raison et l’on
ne peut simplement dire qu’il y a a priori une harmonie entre les deux;
cette harmonie doit être cherchée continuellement par les moyens de la raison éclairée par les valeurs de la foi.
Durant ce congrès, relève Guido Vergauwen, le problème de la nomination
des professeurs de théologie, l’Instruction "Donum Vitae" ou la "Déclaration de Cologne" n’ont pas été discutés. R. Dillemans, recteur de la KUL, a
néanmoins remis le problème de la fécondation "in vitro" sur la table, en
déclarant "qu’il serait utile que le Vatican consulte d’abord les Universités avant de publier des documents comme ’Donum Vitae’, ou l’on condamne
la fécondation ’in vitro’. Nous sommes venus dire à Rome : ’Vous avez besoin de nous. Vous devez davantage faire appel à nous’".
"Il n’y a pas eu de mise en garde de la part du Vatican, je n’en ai pas
l’impression, conclut Guido Vergauwen. On évidemment commencé les travaux
dans un climat un peu tendu et il y avait une certaine méfiance mutuelle;
j’ai cependant l’impression que grâce à la procédure de travail, on a pu
quand même trouver un climat de confiance". (apic/jt/be)