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    Des personnalités, des ministres et 2’000 experts mondiaux présents

    Rome: Conférence sur le problème de la drogue et de l’alcoolisme (211191)

    Rome, 21novembre(APIC) Une Conférence internationale sur la drogue et

    l’alcoolisme organisée par le Conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé a été ouverte jeudi à Rome. La conférence, qui se tiendra

    jusqu’au 23 novembre, accueille de nombreuses personalités, comme la reine

    Sofia d’Espagne, le secrétaire général des Nations Unies, Javier Perez de

    Cuellar et le Premier ministre italien Giulio Andreotti. En tout 30 ministres de la santé et quelque 2000 spécialistes de divers pays ainsi que

    plusieurs Prix Nobel sont présents. La conférence sera conclue par une intervention du pape.

    Le discours d’ouverture a été prononcé par le cardinal colombien Alfonso

    Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille. Ce dernier

    a plaidé pour une "stratégie globale de prévention dans laquelle l’Eglise

    doit accompagner les victimes de la drogue tout au long du chemin de

    l’espoir qui mène vers la liberté.

    Au cours des trois jours de travail, la conférence traitera des différents aspects du problème de l’alcoolisme et de la drogue: le trafic de la

    drogue, la drogue et le sida, la toxicomanie dans le milieu carcéral et militaire, le dopage dans le sport, la prévention...

    Une table ronde sur "la coordination internationale dans la lutte contre

    le trafic et l’abus des drogues" se déroulera vendredi. Une dizaine d’ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège participeront à la discussion.

    Au cours de cette première journée, Valentin Pokrovskij, président de

    l’Académie des sciences médicales de l’Union Soviétique, a présenté la situation dans son pays. Selon lui, on estime que le nombre actuel de toxicomanes en URSS peut être évalué entre 300’000 et 600’000, sachant qu’un à

    deux millions de personnes consomment occasionnellement de la drogue.

    L’ambassadeur de Pologne au Chili, Zdzislaw Jan Rin, a rappelé que selon

    les Etats-Unis, la mastication de la feuille de cocaïne dans la région des

    Andes ne peut être considérée comme une forme de toxicomanie dans le sens

    médical du terme. L’ambassadeur, qui est lui-même psychiatre, a expliqué

    que la mastication est un élément central de la culture, de la religion et

    du style de vie de la population indigène. Dans le passé les plantes de cocaïne étaient considérées comme divines, sources de force et symbole de reproduction. Aujourd’hui, les "indios" utilisent la mastication des feuilles

    de cocaïne pour travailler, pour combattre la faim et pour se protéger contre le froid.

    Jacek Morawski, directeur de l’Institut pour la prévention de l’alcoolisme et de la drogue auprès de l"International of good templars" (IOGTPologne), a indiqué qu’il y a un certain relâchement de la part des démocraties de l’Europe orientale et centrale dans la lutte contre l’alcool

    ainsi qu’une augmentation de la production industrielles des boissons alcoolisées.

    Le président de l’Organisation IOGT, Helge Kolstad (Norvège), a mis

    l’accent sur l’importance des valeurs morales dans la prévention de la toxicomanie et de l’alcoolisme. Il a souligné que le rappel à des valeurs morales communes est indispensable, même si la communauté scientifique l’a

    toujours déconseillé. Cette dernière estime qu’il y a dans cette approche

    un trop grand risque de culpabilisation des victimes. Kolstad a plaidé pour

    la mise au point de normes morales adéquates à promouvoir la vie et la santé sans faire preuve d’autoritarisme.

    Le professeur italien Bruno Silvestrini, de l’Université romaine "La Sapienza", a parlé d’une toxicomanie "simple". Cette dernière concerne des

    personnes normales, qui seraient capables de conduire une vie régulière

    s’ils pouvaient se procurer, de manière légale, une drogue de bonne qualité. Le professeur a ajouté que l’administration de drogue dans des conditions rigoureusement contrôlées apparaît préférable à des dommages médicaux

    et sociaux dérivant du commerce illégal. Il a cependant exclu que la drogue, trop dangeureuse, puisse être libéralisée. (apic/jt/ap/pr)

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