Rome, 7octobre(APIC) Mardi 6 octobre dans l’après-midi s’est tenue dans
les locaux de la Garde Pontificale suisse au Vatican une conférence de
presse de la délégation suisse au Synode sur la vocation et la mission des
laics dans l’Eglise et dans le monde. Etaient présents à cette conférence
Mgr Gabriel Bullet, éveque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et
Fribourg, délégué de la Conférence des éveques suisses au Synode, Mgr Eugenio Corecco, éveque de Lugano, appelé directement par le pape à participer
au Synode, Mme Marianne Almonte, appelée à assister Mgr Bullet dans sa tache de délégué synodal, ainsi qu’un éveque d’origine valaisanne, Mgr
Gabriel Balet, éveque de Moundou, au Tchad, délégué de la Conférence épiscopale tchadienne.
Après avoir souhaité que le Synode se déroule sous une autre forme (difficultés d’assimiler des interventions si nombreuses et si diverses), Mgr
Bullet a constaté que la contribution qu’il a faite lundi au nom de la Conférence des éveques suisses rejoint les principaux thèmes débattus à Rome.
Il a ensuite relevé quatre points qui l’ont particulièrement frappé depuis
le début du Synode : l’exposé introductif du cardinal Thiandoum, archeveque
de Dakar, dans lequel il a relevé que toute l’Eglise - et pas seulement les
pretres - doit se préoccuper de sa mission d’évangélisation et de son unité
et qu’elle est communion dans la diversité des cultures et des fonctions :
nous sommes baptisés, donc appelés à assumer ensemble la mission de l’Eglise; Mgr Bullet a insisté sur l’importance d’exercer le sacerdoce baptismal.
Mgr Bullet : la parole aux laics pour une meilleure collaboration
Il a ensuite relevé avec joie que le Synode avait déjà donné la parole
aux laics : cinq d’entre eux se sont exprimés, dont trois femmes. L’éveque
auxiliaire a dit s’etre retrouvé dans l’intervention de la laique anglaise,
dont il a cité ces quelques éléments : "La collaboration pretres-laics
révèle la vraie nature de l’Eglise", "Il faut reconnaitre de façon particulière la vocation des laics dans le ministère pastoral tout entier". Mgr
Bullet a terminé en citant le cardinal Willebrands : "Un Synode sur les
laics est un Synode sur le Christ", relevant qu’il y avait là une dimension
théologique profonde du laicat.
Mgr Corecco : le Synode révèle la pluralité de l’Eglise
Mgr Eugenio Corecco, qui a participé à l’élaboration du document de travail "Instrumentum Laboris", a souligné que sa présence au Synode relevait
d’un double intéret : d’abord mesurer le résultat du travail de préparation, ensuite vivre l’expérience profonde de l’universalité de l’Eglise :
en effet, le Synode met en lumière la pluralité culturelle et ethnique de
l’Eglise catholique et permet de mieux saisir les différences; il a une
grande valeur comme lieu de rencontres et de témoignages. L’éveque de Lugano a constaté que jusqu’ici il y avait eu peu d’interventions doctrinales.
Il a relevé quelques points importants : la redécouverte du role de la
jeunesse pour l’Eglise avec ses conséquences, notamment la catéchèse, et le
role de la femme, question sur laquelle il ne s’est pas engagé, relevant
seulement que l’ordination sacerdotale de la femme n’a pas encore constitué
un thème de réflexion; pour l’instant il convient d’approfondir la question
de l’ordination diaconale, en réfléchissant à cette fonction à la lumière
de l’histoire de l’Eglise : c’est le point le plus urgent et le premier pas
vers la reconnaissance de la femme en tant que telle à part entière dans
l’Eglise. Mgr Corecco pense encore que l’un des résultats de ce Synode sera
la définition doctrinale du caractère séculier du laic.
Mgr Balet : assurer partout la présence de l’Eglise
Mgr Balet, lui, a parlé du Tchad et de son expérience missionnaire, soulevant notamment la question de l’ordination d’hommes mariés afin d’assurer
partout la présence régulière de l’Eglise par l’Eucharistie.
Marianne Almonte : le langage de l’Eglise est compliqué
Mme Marianne Almonte, constatant que peu de réponses avaient été données
au document de préparation ("Lineamenta"), s’est inquiétée du langage de
l’Eglise: celui-ci est compliqué, trop "occidental", centré sur les problèmes de l’Eglise d’Occident. L’assistante de Mgr Bullet s’est étonnée du
fait que le thème de la coresponsabilité est peu apparu jusqu’à présent
dans les discussions.
Il ressort de cette conférence de presse que pour le moment, au cours
des premières séances du Synode, les niveaux de discussions sur les problèmes de l’Eglise d’aujourd’hui sont très différents : ils vont de la prise en considération des besoins élémentaires des populations aux débats purement doctrinaux. Le Synode donne à l’Eglise de reconnaitre sa richesse
dans sa diversité sur le plan culturel aussi bien que sur celui de la
réflexion théologique. Il est très marqué pour l’instant par les problèmes
pastoraux, mais comme l’a souligné notamment le cardinal Ratzinger, il est
essentiellement un lieu de révision théologique et de définition doctrinale. (apic/bdc/cor)