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    Rome: commémoration solennelle de "Rerum novarum" (150591)

    Jean Paul II: renouveler l’engagement demandé par Léon XIII

    Rome, 15mai(APIC) "Le regard tourné vers l’avenir nous invite aujourd’hui

    plus que jamais à renouveler l’engagement que Léon XIII formulait ainsi:

    ’Que chaque homme se mette sans délai à la tâche qui lui incombe, de peur

    qu’en différant le remède, on ne rende incurable un mal déjà si grave’".

    Ces paroles ont été prononcées mercredi soir à Rome par Jean Paul II à

    l’occasion de la commémoration solennelle du centenaire de l’encyclique sociale "Rerum novarum" de Léon XIII, publiée cent ans plus tôt, le 15 mai

    1891.

    La cérémonie a été ouverte par le cardinal français Roger Etchegaray,

    président du Conseil pontifical "Justice et Paix", sous les auspices duquel

    était organisée la séance. Sont intervenus ensuite le professeur Hans

    Maier, de l’Université de Munich, l’ancien Premier ministre polonais Tadeusz Mazowiecki, le Vénézuélien Luis Enrique Marius, vice-président de la

    Confédération mondiale du travail (CMT) et l’Italien Alberto Falck, de

    l’Union chrétienne des dirigeants d’entreprise de son pays.

    Jean Paul II, qui a conclu la cérémonie, a observé que la célébration la

    plus digne de "Rerum novarum" consiste à renouveler l’engagement demandé à

    chacun par Léon XIII, celui de "se mettre sans délai à la tâche qui lui incombe". Et d’ajouter: "Nous osons espérer que le nouveau millénaire sera

    une ère de justice et de paix pour le monde entier".

    Le pape a ensuite abordé différents problèmes actuels. Il a ainsi indiqué que "l’extension du champ d’action des pouvoirs publics fait partie,

    aujourd’hui encore, des problèmes les plus sérieux de l’ordre social, dans

    les pays industrialisés comme dans les pays en voie de développement".

    "Même si l’idéologie de la lutte des classes ne trouve plus guère de défenseurs après l’écroulement du socialisme réel, a-t-il ajouté, l’Etat moderne se trouve face à deux dangers. le premier réside dans la tendance à

    devenir un Etat de l’assistance pour tous les citoyens, sans prendre spécialement en considération les personnes qui ont le plus besoin d’être aidées". Le pape a cité les familles nombreuses, les handicapés, les personnes âgées, les réfugiés et les immigrés.

    "Le second danger, a poursuivi Jean Paul II, réside dans le risque que

    le poids de l’assistance assurée par l’Etat réduise et affaiblisse ce que

    j’ai souvent appelé la personnalité de la société".

    Juste équilibre

    Observant qu’on voit se développer "la tendance de l’Etat à pallier les

    lacunes dans la solidarité sociale par des structures coercitives et des

    mécanismes bureaucratiques", le pape a souligné qu’"il est important que

    l’Etat moderne réussisse à rendre responsable la société et à la motiver

    dans les activités économiques, sociales et culturelles". Il a préconisé,

    "pour arriver au bien commun d’une manière vraiment digne de l’homme..., un

    juste équilibre entre la coresponsabilité des membres de la société et

    l’engagement de l’Etat".

    Pour Jean Paul II, la portée de cette orientation dépasse de beaucoup la

    nation: elle touche aussi la constructioon de l’unité européenne. "Une Europe unie, a-t-il dit, ne peut absorber dans des structures uniformes des

    initiatives économiques, sociales et culturelles spécifiques de chacun des

    pays, mais elle peut être d’un grand secours pour tous si les organisations

    continentales s’associent et se concertent avec les régions, dans le

    respect de leur autonomie.

    Le pape a encore relevé dans son discours que la doctrine sociale de

    l’Eglise a toujours affirmé que "la réforme des structures doit être accompagnée d’une réforme morale, car la racine la plus profonde des maux sociaux est de nature morale, c’est-à-dire, d’une part, le désir exclusif du

    profit, de l’autre, la soif du pouvoir".

    Tiers monde: urgence

    Auparavant, le pape, tout en précisant qu’"il ne faut pas être utopiste", avait observé que "devant l’aggravatioon de la misère d’une part,

    et devant les possibilités économiques et techniques actuelles d’autre

    part, l’Eglise considère qu’il est nécessaire d’insister toujours plus et

    de répéter que, même graduellement, il faut d’urgence que des initiatives

    plus radicales et plus efficaces soient prises en faveur des pays pauvres

    et avec leur collaboration". (apic/cip/jt/pr)

    P.S. EMBARGO JUSQU’A 19H.30

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