"La question sociale est la question de l’homme"
Rome, 21avril(APIC) Après les colloques consacrés à Paul VI et Pie XI et
au Concile Vatican II, l’Ecole Française de Rome a organisé cette semaine à
Rome, en collaboration avec le Centre national français de la recherche
scientifique (CNRS), un colloque international pour marquer le centenaire
de l’encyclique "Rerum Novarum", promulguée par Léon XIII le 15 mai 1891.
L’occasion pour Jean Paul II de souligner que les textes pontificaux évoluent en fonction des problématiques nouvelles. D’affirmer aussi que "la
question sociale au seuil du nouveau millénaire est désormais la question
de l’homme".
"Le retour au texte devrait être le souci de tous, a affirmé Jean Paul
II. Combien en effet se font les chantres ou les critiques des textes pontificaux sans en lire attentivement le texte et en étudier le contexte !
Une encyclique s’inscrit dans la continuité d’un enseignement et renouvelle
sa formulation en fonction aussi bien du changement des problématiques de
la société que des nouvelles exigences éthiques qu’elles entraînent pour la
foi".
Le colloque de l’Ecole Française de Rome privilégie la France et l’Italie, mais de par son thème il s’élargit à de nombreux pays où les situations sociales sont fort différentes, de même que la présence et l’action
de l’Eglise. Un ensemble de monographies précises permet de formuler des
jugements nuancés, voire contrastés: "Cette recherche est un service rendu
à l’histoire, mais aussi à l’Eglise, a souligné le pape. La pastorale ecclésiale a besoin de s’appuyer sur des données fondées sur des analyses rigoureuses et des comparaisons suggestives". Jean Paul II a mis en garde
contre les condamnations rapides et les préjugés: "Rien n’est plus nocif à
cet égard que des affirmations sommaires et tranchantes. Tel document, affirme-t-on sans nuances, se heurte à un rejet massif ou suscite une adhésion sans réserve. Il n’en va pas ainsi dans l’histoire complexe des sociétés humaines". Selon lui, "il est important de se faire une idée plus exacte du passé afin de mieux comprendre le présent et d’exercer une action
conforme au dessein d’amour de Dieu sur le monde".
"Rerum Novarum" mobilise la conscience chrétienne pour la défense de
l’homme. Pour le pape, ce texte garde "toute sa saveur évangélique". A un
siècle de distance, l’effondrement du modèle communiste, directement opposé
à celui défendu par cette encyclique réveille des énergies étouffées et
exige un renouveau de la pensée et de l’action sociales. Pour le pape, "la
question sociale est aujourd’hui mondiale. La question sociale au seuil du
nouveau millénaire est désormais la question de l’homme". (apic/gm/cor)