Les scènes sans référence biblique éliminées
Rome, 29mars(APIC) "Frères et soeurs, dans la narration évangélique de la
Passion, des hommes et femmes du temps de Jésus participèrent, avec une
grave responsabilité, à la condamnation et à la mort de l’innocent, et avec
une amoureuse compassion à la douleur et à la souffrance du Juste". C’est
par ces mots que Jean Paul II a ouvert vendredi soir le traditionnel chemin
de croix au Colisée. Des mots qui doivent être pris au pied de la lettre
quand le pape parle de "narration historique". Car cette année le chemin de
croix était organisé selon une nouvelle formule. Il comprenait exclusivement des scènes relatées dans les Evangiles.
Le nombre des stations ne change pas: 14 au total. Mais les scènes qui
n’ont pas de référence biblique ont été éliminées. C’est le cas des trois
chutes de Jésus (les troisième, cinquième et septième stations) et des scènes évoquant la rencontre du Christ avec sa mère (quatrième station) et
Véronique lui essuyant le visage (sixième station). Ces stations ont été
remplacées par des scènes bibliques: Jésus au Jardin des Oliviers ou encore
sa conversation avec le bon larron, auquel il promet le paradis.
Dans "L’Osservatore Romano" de jeudi, Mgr Piero Marini, maître des cérémonies pontificales, explique qu’on ne modifie rien du texte traditionnel,
qui "reste pleinement valable et pourra être repris dans les prochaines années". Mais il relève que dans le long processus de formation de la "Via
Crucis", des changements se sont produits concernant le nombre et le contenu des stations. Ainsi, des chemins de croix s’ouvraient sur le congé du
Christ à sa mère ou par le lavement des pieds.
Des témoignages sur la forme traditionnelle, avec ses quatorze stations
dans le même ordre, remontent à la première moitié du 17e siècle. Ces témoignages proviennent d’Espagne, en particulier chez les franciscains, d’où
la formule qui est restée jusqu’à aujourd’hui est passée en Sardaigne, à
l’époque sous domination espagnole, avant de gagner la péninsule italienne.
L’un de ses fervents propagateurs les plus fervents y fut saint Leonardo da
Porto Maurizio, mort en 1751. Ce dernier érigea personnellement à la demande de Benoît XIV plus de 550 chemins de croix, entre autres celui du Colisée, qu’il érigea en 1750. (apic/cip/jt/pr)