Rome : béatification de onze martyrs espagnols et de Don Rinaldi (290490)
Rome, 29avril(APIC) Dimanche 29 avril, le pape Jean Paul II a prolamé
bienheureux onze martyrs espagnols de la guerre civile et des troubles qui
l’ont prédécée, dont neuf Frères des Ecoles Chrétiennes, et Don Rinaldi,
troisième successeur de Don Bosco à la tête de la Congrégation des Salésiens.
Outre plusieurs milliers de pèlerins espagnols, de nombreux
représentants de la famille salésienne ont assisté à la cérémonie de
béatification, et notamment les deux cents membres du 23e Chapitre général
des Salésiens, qui se tient à Rome du 4 mars au 5 mai. Soeur Emma Doyen, de
Quiévrain, dans le Hainaut, qui connut Don Rinaldi de son vivant, était
également présente.
Parmi les Frères des Ecoles Chrétiennes, huit sont martyrs des révoltes
marxistes qui éclatèrent dans la région minière des Asturies, en Espagne
septentrionale, contre les pouvoirs établis qu’étaient à l’époque l’Etat,
la bourgeoisie et l’Eglise durant la guerre d’Espagne, en 1934, qui précéda
la guerre civile, en 1936. Il s’agit de Cirilo Bertran, 46 ans, et de sept
jeunes compagnons, âgés de 22 à 34 ans, ainsi que d’un Passioniste, Inocencio de la Immaculada, 37 ans, responsable spirituel de la communauté qui se
trouvait dans leur collège pour y confesser les élèves. Arrêtés à Turon,
prés de Valladolid, le 5 octobre 1934, ils ont été exécutés "par haine de
la foi" le 9 octobre après avoir été condamés à mort par un comité révolutionnaire.
Les deux autres martyrs espagnols sont Maria Mercedes Prat, une religieuse de la Société de Sainte Thérèse de Jésus, née en 1880 et tombée en
1936 à l’âge de 56 ans, et un autre Frère des Ecoles Chrétiennes, Jaime Hilario Barbal Cosa, né en 1898, 39 ans, exécuté par le tribunal révolutionnaire de Tarragone en janvier 1937, durant la guerre civile espagnole. La
bénédiction de victimes de la guerre civile (1936-1939) a ces dernières
années suscité des polémiques en Espagne, où certains estiment qu’il vaut
mieux ne pas rouvrir les blessures délicates du passé. Cette polémique a
même poussé le gouvernement espagnol socialiste, dans un passé récent, à ne
pas envoyer une authentique délégation à l’une des célébrations de
béatification.
Don Rinaldi: la simplicité et la prière
Filippo Rinaldi est né en 1856 dans le village de Lu, dans le Piémont.
Il a trois ans lorsque Don Bosco fonde la Congrégation des Salésiens et
cinq quand il le rencontre pour la première fois. Originaire du village de
Lu, dans le Piémont, il reste sourd neuf ans durant aux exhortations du
saint, qui lui propose de devenir prêtre. Il abandonne ses études pour partager avec sa nombreuse famille (il a neuf enfants) le travail des champs.
C’est après mûres réflexions et un dialogue décisif avec Don Bosco le 22
juin 1876 qu’il décide de se préparer au sacerdoce. Il est ordonné prêtre
le 23 décembre 1882. Don Rinaldi commence par diriger l’Oeuvre des
vocations tardives: cette préoccupation restera présente tout au long de sa
vie de prêtre.
Don Rinaldi joue un rôle décisif dans l’extension de la Congrégation,
qu’il développe en Espagne (qu’il avait gagnée en 1889) avant d’être appelé
à la diriger. Durant les neuf années de son mandat de supérieur général (de
1922 au 5 décembre 1931, le jour de sa mort), il crée 21 nouvelles fondations, tandis que le nombre des Salésiens passe de 4’788 à 8’836 et celui
des maisons de 404 à 604.
Don Rinaldi était avant tout un homme de prière, véritable disciple de
Don Bosco. Il était animé d’une dévotion particulière au Sacré-Coeur et à
Marie Auxiliatrice. Tout sa vie fut empreinte d’une bonté, d’une simplicité
et d’une humilité qui le rendaient attentif à tous. Le procès diocésain de
béatification a été instruit en 1947.
Cent trente ans après sa fondation, la Société des Salésiens de Don Bosco compte 17’000 religieux, ce qui en fait la plus nombreuse après celle
des Jésuites. Les Salésiens se sont établis en Suisse en 1889. Ils sont au
nombre d’une cinquantaine, répartis en six maisons dans les trois régions
linguistiques: Sion, Morges, Beromünster, Zurich, Lugano et Maroggia. Ils
appartiennent aux Provinces francophone de Paris, germanophone de Munich et
italophone de Novarra selon leur langue. Leurs activités, tournées vers la
jeunesse, sont diverses: les religieux enseignent et accomplissent
différentes tâches en paroisse.
La branche féminine des Filles de Marie Auxiliatrice, fondée par Don
Bosco en 1872, avec sainte Dominique Mazzarello, compte elle aussi 17’000
membres. En Suisse, où elles sont arrivées en 1913, les religieuses salésiennes sont présentes à Veyrier, dans le canton de Genève, et à Lugano. La
famille salésienne comprend également des "coopérateurs" laïcs, sorte de
tiers-ordre, ainsi qu’une congrégation laïque, les Volontaires de Don Bosco, fondée par Don Rinaldi.
Les Frères des Ecoles Chrétiennes sont présents en Suisse depuis 1750.
En 1863 ils ouvrent un Institut catholique à Neuchâtel, qui abrite une
école primaire, un internat accueillant les Suisses alémaniques et un
centre d’aide pour jeunes en difficulté. Quelques Frères enseignent à
l’école catholique libre de Zurich. (apic/jt/cip/cor)