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    Martyr sous la colonisation belge

    Rome: béatification d’un laïc zaïrois lors du prochain Synode africain

    Kinshasa, 14mars(APIC) Le cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa, a annoncé la béatification dans le cadre de l’Année internationale de

    la Famille du Serviteur de Dieu Bakanja Isidore, mort martyr en 1909. La

    cérémonie se déroulera à Rome le 24 avril prochain à l’occasion du Synode

    des évêques pour l’Afrique.

    Bakanja Isidore, de la tribu des Boangi, est né à Bokendela, au coeur de

    la forêt équatorienne, aux environs de 1880. Il avait 12 ans quand il rencontre pour la première fois un Blanc, 22 ans quand les trappistes de Coquilhatville (l’actuelle Mbandaka) ouvrent un poste de mission à Bolokwa wa

    Nsimba. C’est là que Bakanja, devenu entre-temps "boy" à Coquilhatville,

    entend parler du Christ et est "empoigné" par le "Dieu des Blancs".

    Il suit le catéchuménat auprès de deux trappistes de l’abbaye de Westmalle (Belgique), et est baptisé le 6 mai 19O6 sous le nom chrétien d’Isidore. En novembre de la même année, il reçoit la confirmation. Il communie

    pour la première fois le 8 août 1907.

    1907, c’est l’année où Isidore est envoyé dans une plantation à Ikili

    pour servir comme domestique dans la compagnie SAB (Société Anonyme Belge),

    qui exploite le caoutchouc. Au début de février 1909, comme il ne cesse de

    prier, invitant ses compagnons à le faire, et refuse de se séparer de son

    scapulaire, malgré les injonctions et les menaces, le gérant de la plantation, le Bruxellois André Van Cauter, un anticlérical qui semait la terreur

    dans toute la région et au-delà, le fait fouetter.

    La première fois, Isidore Bakanja écope de vingt-cinq coups de fouet. La

    seconde, le gérant lui fait administrer deux cents coups de chicotte en

    peau d’hippopotame garnie à son bout de deux clous rivés. Le dos de la victime n’est plus qu’une plaie, laissant apparaître les os. Le jeune chrétien

    ne s’en relèvera pas. Après avoir connu encore la prison, il se cache dans

    la forêt où il meurt sept mois plus tard, au milieu de terribles souffrances et après avoir prié le chapelet avec des chrétiens venus lui rendre visite, donnant à tous l’exemple du pardon.

    Le symbole du "martyre de tout un peuple"

    Un dossier sur le martyre de Bakanja Isidore en vue de la béatification

    est ordonné par Mgr Van Ronslé au lendemain de sa mort, en 1913, à la demande de la troisième assemblée des supérieurs ecclésiastiques du Congo

    belge. Malheureusement, le dossier va rester en veilleuse durant de longues

    années. Malgré cela, le récit du martyre reste vivace à Mbandaka et dans

    tout le Zaïre, où Bakanja symbolise plus que tout autre "le martyre de tout

    le peuple" à l’époque de la colonisation, quand des centaines de milliers

    de Congolais périrent dans l’exploitation du caoutchouc, de l’ivoire ou du

    sisal.

    Le dossier est rouvert en 1974 et la cause introduite par Mgr Wijnants

    en 1977. Entre-temps, la cause de béatification est sollicitée une nouvelle

    fois par un catéchiste de Mbandaka-Bikoro au nom des communautés de Djera

    et Wini, dont beaucoup doivent leur conversion au fait que ce catéchiste

    "priait comme Bakanja".

    Le procès canonique de béatification, confirmé publiquement par JeanPaul II lors de sa première visite au Zaïre, en 1980, fut ouvert officiellement le 15 avril 1987 par Mgr Etsou, archevêque de Mbandaka-Bikoro, l’actuel cardinal de Kinshasa. (apic/cip/pr)

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