Rome, 23mai(APIC) Youri Karlov, "ambassadeur itinérant" d’URSS au Vatican, est arrivé à Rome mercredi 23 mai, au moment où Mgr Francesco Colasuonno, nonce apostolique avec charge spéciale pour l’URSS se trouve en Union
Soviétique, ce qui met un terme à 63 ans de non communication organique
(depuis la révolution de 1917) entre ce pays et le Saint-Siège.
C’est le 15 mars dernier, deux mois et demi après la rencontre historique entre Mikhaïl Gorbatchev et Jean Paul II au Vatican, qu’a été annoncée
l’ouverture d’un "dialogue permanent" entre Rome et Moscou "sur des
questions d’intérêt commun" en vue de "contribuer à une coopération utile
sur la scène internationale".
A son arrivée à Rome, Youri Karlov s’est déjà esprimé sur l’un des
dossiers délicats du dialogue, celui de l’Eglise uniate (catholique de rite
byzantin), intégrée de force à l’Eglise orthodoxe russe sous Staline et
aujourd’hui rétablie dans ses droits. "Nous avons probablement déjà trouvé
quelques solutions concernant la légalisation de l’Eglise uniate", a
d’emblée indiqué Youri Karlov, avant de préciser qu’un recensement des
fidèles et des prêtres catholiques est actuellement en cours.
L’établissement de relations officielles entre l’URSS et le Vatican lui
paraît appropriée pour satisfaire les besoins de la communauté catholique
soviétique.
Un communiqué publié mercredi par la salle de presse du Saint-Siège annonce que Youri Karlov sera reçu par Jean Paul II dans les prochains jours,
après avoir rencontré à Moscou Mgr Colasuonno. Ce dernier s’est déjà
entretenu à Lvov avec des représentants de l’Eglise uniate.
L’échange de représentants officiels entre le Vatican et l’URSS augure
d’un prochain échange d’ambassadeurs à part entière. Mgr Colasuonno est depuis plusieurs années nonce itinérant pour les pays de l’Est. Il ne réside
pas en URSS, mais est autorisé à y visiter les communautés catholiques et à
confier le soin des contacts permanents à un représentant à Moscou. Quant à
Youri Karlov, spécialiste des questions vaticanes, il est expert pour les
pays latins d’Europe auprès du ministère soviétique des Affaires étrangères. Il a travaillé à Rome durant une dizaine d’années, comme diplomate à
l’ambassade d’URSS près le Quirinal. Le 24 août dernier, il s’était rendu à
Castelgandolfo pour remettre à Jean Paul II une lettre de Mikhaïl Gorbatchev, un message qui ouvrait la voie du dialogue entre le Kremlin et le
Saint-Siège et la visite historique du numéro un soviétique au Vatican le
1er décembre 1989. (apic/jt/cip/cor)