Rome: appel du pape pour aider les victimes de la guerre au Soudan(021092)
Rome, 2octobre(APIC) Jean Paul II a dénoncé vendredi la situation dramatique du Soudan ravagé par la guerre et par la sécheresse. En présence des
évêques soudanais venus à Rome en visite "ad limina", il a déploré aussi la
restriction de la liberté religieuse de l’Eglise catholique dans ce pays de
l’Afrique orientale.
Dans son discours aux évêques, le pape a parlé de "la terrible dévastation causée par la guerre, la sécheresse et la famine". Il a rappelé que
des millions de Soudanais du sud ont été déplacés et vivent dans des conditions précaires dans des camps aussi bien dans les pays limitrophes que
dans le désert.
Jean Paul II a fait un appel a tous ceux qui ont en main le destin du
Soudan: "Il faut déposer les armes de la guerre et poursuivre le chemin de
la paix". S’adressant au monde entier et aux dirigeants des organisations
internationales, il leur demande instamment de "faire de l’aide aux victimes innocentes de ce terrible conflit leur plus haute priorité".
"Restreindre la liberté religieuse nuit à la paix"
Le pape a souligné que chaque restriction à l’exercice de la liberté religieuse nuit à la cause de la paix et mine, aussi au Soudan, la vraie possibilité de dialogue. Jean Paul II a indiqué que les évêques, dans leur défense de la liberté religieuse, mettent le doigt sur les dangers que courre
le pays en construisant l’unité de la nation sur une seule religion et une
seule culture. Le pape a dit que cette tentative, ainsi que l’application
de la "charia" à des non-musulmans a causé la perte de beaucoup de libertés
civiles. Il a cité à ce propos la discrimination dans l’éducation, les vexations envers des prêtres, des religieux et des catéchistes, l’expulsion
de missionnaires, l’obstruction de l’expression légitime de la foi et le
fait que des baptisés soient traités comme des étrangers dans leur propre
patrie.
Le pape a rappelé aussi la lettre pastorale écrite en 1991 des évêques
soudanais qui disait que "l’Eglise cherche surtout à être un instrument
pour la construction d’une société digne de la personne humaine". Mais cette lettre précisait en même temps que cela ne signifiait pas pour autant
que l’on doive "commettre des injustices ou manquer à la vérité". (apic/jtba)