Rome: 4e Congrès international de la pastorale du tourisme (221190)
Rome, 22novembre(APIC) Le 4e Congrès international de la pastorale du
tourisme vient de s’achever à Rome. Organisé par le Conseil pontifical pour
la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, il a réuni du 14
au 17 novembre des délégués venus de 43 pays, parmi lesquels 30 évêques,
des ambassadeurs, des sociologues, des professionnels et des délégués des
Commissions nationales de la pastorale du tourisme. Il a permis de réfléchir à l’intégration de la pratique pastorale en matière de tourisme dans
la mission des Eglises locales.
Dans une déclaration publiée à l’issue du Congrès, les participants soulignent quelques priorités actuelles de la pastorale du tourisme: une attention plus grande au tourisme intérieur, jugé bien plus important que le
tourisme international, sur lequel se concentrent trop souvent les efforts;
le respect des cultures, que le tourisme peut favoriser.
Plusieurs ombres subsistent néanmoins: destruction de la nature et de la
culture, exploitation de la personne (tourisme sexuel, drogue), plaisirs
faciles, mépris de la détresse (pauvreté, analphabétisme, oppression, ...)
implantation de structures d’accueil sans respect des populations locales.
Plus les touristes seront lucides sur les conditions de leurs voyages, plus
ils seront responsables de la forme de leurs loisirs et plus ils seront ambassadeurs de la paix universelle, ont affirmé les participants. Par leur
compréhension, leur respect, leur engagement social, ils contribueront à
vaincre l’injustice, l’oppression et l’exploitation.
La déclaration finale souligne la nécessité d’une formation "à une pratique humaine et conviviale du temps libre et du tourisme" ainsi que d’une
formation spécifique pour les animateurs et les professionnels du tourisme.
Elle demande aussi, pour les 74 millions de travailleurs des différents
secteurs d’activité du tourisme, "le respect de leur dignité humaine, la
reconnaissance sociale, un salaire et une protection sociale". Les participants ont attiré l’attention sur l’aggravation du conflit Nord-Sud à travers le tourisme, forme de "néo-colonialisme".
Le document plaide surtout pour une pastorale intégrée. Pour intégrer la
réflexion et la pratique pastorale dans les Eglises locales, précise-t-il,
"il est nécessaire de promouvoir la communion entre les paroisses, les
communautés chrétiennes, les diocèses et les Eglises des différents pays.
Non seulement entre les hiérarchies, mais entre les laïcs et les organismes
de tous les peuples". La pastorale du tourisme doit donc non seulement être
partie intégrante de la pastorale diocésaine, mais, dans une activité soumise à une organisation multinationale, elle doit s’inscrire dans une
pastorale d’ensemble.
Eduquer les formateurs
Dans des conclusions plus concrètes, ce quatrième Congrès souligne l’importance d’instaurer une collaboration au niveau pastoral entre les Conférences épiscopales des pays d’origine et celles des pays de destination. Il
relève aussi que, le tourisme étant "un des signes les plus évidents de la
modernité et qui regarde la vie religieuse", il convient d’attirer sur ce
point l’attention des formateurs, qu’ils soient laïcs, religieux ou prêtres. Contribuer à sensibiliser les Eglises des pays d’origine, spécialement celles qui n’ont pas eu l’occasion d’intervenir au cours du Congrès,
est une des priorités, précisent les participants, pour qui "les multiples
conséquences tant positives que négatives du tourisme, surtout dans les
pays en voie de développement, sont aussi la responsabilité des pays les
plus développés".
Les congressistes soulignent enfin la nécessité d’un échange plus large
entre tous ceux qui sont engagés dans la pastorale du tourisme et le dicastère romain chargé de ce secteur. (apic/cip/cor)