Rome: 10ème anniveraire du FIDA, (260188)
Rome, 26janvier(APIC/CIP) Le pape est intervenu ce matin, lors de la
célébration du 10ème anniversaire du Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA). C’est la plus jeune organisation des Nations Unies
fondée en 1977 à Rome et a commencé son vrai programme au début de 1978. Le
Fonds, au contraire de la FAO, est un institut financier international qui
finance, à des conditions particulièrement avantageuses, des projets agricoles.
L’organisation ne s’occupe pas de programme généraux, mais de projets de
petits agriculteurs qui travaillent dans les zones rurales les plus défavorisées du Tiers-Monde. Les projets sont basés sur la participation effective des agriculteurs et sur la volonté locale. On s’adresse à des organisations non-gouvernementales qui sont capables de fournir l’information de la
base, l’information utile et nécessaire à la réalisation des projets. Dans
ses dix premières années d’activité, le Fonds est intervenu dans 221 projets dans 89 pays pour une somme totale de 10 milliards de dollars. Cette
somme comprend des prêts pour environ 2,5 milliards de dollars. 142 pays
font partie de l’organisation.
Dans son discours, le pape a dit que le grave problème de la faim ne
peut être résolu seulement par l’intervention des pays producteurs de
denrées alimentaires, mais qu’une solution efficace ne sera trouvée que si
l’on stimule les ressources humaines considérables des travailleurs agricoles, des pêcheurs et des éleveurs à qui font défaut les moyens économiques
et techniques nécessaires. Pour cela, continuait-il, il importe que la
répartition des aides, la rétribution du travail productif tienne le plus
grand compte des exigences de la justice sociale et favorise la coopération
de tous.
En traçant une image de la situation économique mondiale, le pape a indiqué que des continents entiers, malgré les efforts des organisations internationales et les résultats déjà acquis, se trouvent devant la nécessité
impérieuse d’améliorer les conditions de vie et de travail de centaines de
millions de personnes. Et le pape a fait remarquer que cette situation se
prolonge malgré une augmentation notable de la production alimentaire mondiale au cours des dernières années. A ce propos, le pape a cité Paul VI qui
disait dans son encyclique "Populorum progressio" qu’une des fins à poursuivre est "le passage, pour chacun et pour tous, de conditions moins humaines à des conditions plus humaines".
En se référant au fait qu’à côté des collaborations bilatérales, les
collaborations multilatérales prennent une portée particulière, le pape a
souligné que la liberté, le respect mutuel et le principe d’égalité, de
même que le développement de la coopération internationale restent des objectifs à défendre. Il a aussi indiqué qu’il y a en cours un processus de
détente internationale marquée par un premier accord de désarmement effectif, mais que le désarmement n’a pas de sens si l’on ne parvient pas à un
degré plus élevé de coopération économique bénéfiques aux régions les plus
défavorisées du monde. Il semble donc logique, a ajouté le pape, que les
ressources immenses investies dans la constitution d’arsenaux atomiques ou
dans l’acquisition d’armes dites conventionnelles soient massivement affectées au développement des pays les plus pauvres. Il a souligné que le
processus de paix et de détente international requiert la justice, la sauvegarde des droits des personnes et des peuples et le développement. Il a
mis l’accent sur le fait que le développement, comme le disait Paul VI, est
le nouveau nom de la paix. Le pape adressa un appel à tous les gouvernements, pour que chacun selon ses possibilités politiques et économiques,
collabore à cette oeuvre majeure: donner à la paix le nom du développement.
(apic/jt/bd)