Une "première mondiale" pour l’oecuménisme
Lausanne, 20avril(APIC) Le dimanche 25 avril, on fêtera à Romainmôtier
les 20 ans d’existence de la Fraternité oecuménique. C’est en effet au début du mois de mai 1973 que s’est établie en ce lieu une petite fraternité
formée de quatre religieuses, deux diaconesses de Saint-Loup et deux soeurs
des Sacrés-Coeurs. C’était la première fois depuis la Réforme que des religieuses catholiques et protestantes vivaient en commun, avec l’accord des
deux Eglises et de leurs communautés.
Depuis longtemps déjà Romainmotier, lieu chargé d’histoire, est un endroit important du dialogue oecuménique. Dès l’arrivée du pasteur Amédée
Dubois, en 1946, la vieille église et la paroisse s’ouvrent à l’accueil des
frères catholiques, en particulier ceux de Franche-Comté. Prolongeant l’action de son prédécesseur, le pasteur Jean-Pierre Tuscher, dès 1967, va se
montrer soucieux de rendre à l’abbatiale son caractère de lieu de prière,
de silence et de ressourcement.
Les précurseurs
Les premières réponses furent données par les jeunes de la paroisse. A
une époque où il y avait encore des hivers dans le Jura vaudois, ils assurèrent, par tous les temps, trois offices par semaine dans l’église. Ce fut
un encouragement formidable pour le pasteur et, plus tard, pour les soeurs
qui se sentirent accueillies et soutenues par la cohorte des jeunes paroissiens. En 1969, six étudiants de la région lausannoise, jeunes gens et jeunes filles, protestants et catholiques, vivent le mois d’août à Romainmôtier, soutenus par les paroissiens. Chaque jour, ils célèbrent les offices
dans l’église et accueillent les visiteurs. Ce fut pour Romainmôtier l’embryon d’une présence active en ce lieu visité par tant de personnes aux motivations diverses. S’il fallait une fraternité d’accueil et de prière, elle ne pouvait être qu’oecuménique. Comment les protestants, bénéficiaires
de l’église, auraient-ils pu oublier mille ans de présence monastique dans
ce site, dont plus de cinq cents dans l’édifice actuel? On cherche donc à
Saint-Loup, tout proche, et dans les congrégations féminines catholiques.
Dans le même temps, aussi bien dans les communautés catholiques qu’à SaintLoup, quelques soeurs ne se sentent pas très l’aise dans de grandes familles disciplinées: elles cherchent à répondre à leur vocation dans le cadre
d’une petite fraternité. Des échanges entre soeurs aboutissent à la constitution d’une petite fraternité oecuménique de quatre religieuses. Après des
mois de démarches, cette fraternité s’établit au début du mois de mai 1973
à Romainmôtier, juste à côté de l’abbatiale.
Pour subsister, les soeurs travaillent à temps partiel soit au service
de la paroisse (accueil des visiteurs et fonction de sacristain), soit au
service du home sis à Romainmôtier. En vingt ans de présence, les soeurs
ont reçu d’innombrables groupes de catéchumènes, de jeunes, de foyers mixtes. Dans la loyauté l’égard de leur Eglise et de leur congrégation, elles
ont appris à mieux connaître la piété et la pratique d’une autre confession, tout en approfondissant leurs propres convictions. (apic/spp/mp)