Rio de Janeiro: Sommet sur l’environnement et le développement (140692)
Rio de Janeiro, 14juin(APIC) Mgr Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican est intervenu samedi au cours de la réunion des chefs d’Etat et de
gouvernement de la Conférence des Nations-Unies sur l’environnement et le
développement à Rio de Janeiro. A travers le cardinal, le Vatican a de nouveau condamné les méthodes de contrôle des naissances qui ne tiennent pas
compte de la liberté et de la dignité humaine.
Mgr Sodano a précisé que l’Eglise est consciente de la complexité du
problème démographique. Il a souligné que l’application de telles méthodes
provoque des dégâts dramatiques dont les plus pauvres surtout sont les victimes. L’urgence ne doit pas induire en erreur, a-t-il averti. Le cardinal
a remarqué qu’il est moralement injustifiable qu’une partie du monde qui
défend les droits de l’homme, prétende fouler aux pieds les droits des personnes qui se trouvent dans des situations moins privilégiées. Et cela en
soumettant l’aide à ces peuples à des conditions de limitation des naissances. Mgr Sodano a utilisé à ce propos le terme de "dictature dévastatrice".
Il a observé que la terre et ses richesses suffisent si l’humanité apprend
à partager. La pollution de l’environnement et les menaces pour l’écosystème ne viennent pas principalement des zones les plus peuplées de la planète.
La position du Vatican, publiée à l’occasion de la Conférence de Rio,
qui rappelle que la croissance démographique par elle-même est rarement la
cause de problèmes d’environnement, a été vivement critiquée, entre autres
par le commissaire européen pour l’environnement, le socialiste italien
Carlo Ripa di Meana.
Au cours de son intervention, le cardinal Sodano a dénoncé aussi comme
"moralement inadmissible et injuste" la disparité croissante entre un Nord
toujours plus riche et un Sud toujours plus pauvre. Il a plaidé pour la solidarité et une collaboration au développement qui donne priorité aux peuples déshérités. Le secrétaire d’Etat a encore précisé qu’"on ne pourra obtenir le juste équilibre écologique, si on n’affronte pas directement les
structures du pauvreté qui existent dans le monde. Et si les sociétés riches ne revoient pas sérieusement leur style de vie hédoniste et basé sur
la consommation". Selon le cardinal, l’actuelle crise écologique est un
aspect préoccupant d’une plus profonde crise morale. (apic/jt/mp)