"La position du Saint-Siège est souvent déformée"
Rio de Janeiro, 5juin(APIC) La position du Saint-Siège au sujet de la
procréation est souvent déformée. C’est ce qu’a constaté Mgr Renato Martino, dans l’intervention qu’il a prononcée jeudi à Rio à la Conférence des
Nations-Unies sur l’environnement et le développement. "L’Eglise catholique
n’impose pas la procréation à n’importe quel prix", mais "elle insiste sur
le fait que la transmission de la vie et le soin dont elle doit être entourée, doivent être exercés avec un très grand sens des responsabilités", at-il déclaré.
Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies à New
York, Mgr Martino conduit la délégation du Vatican au sommet de Rio.
L’Eglise qui considère que la vie humaine est sacrée, affirme, "le droit
des parents de décider des dimensions de la famille et de l’intervalle des
naissances, sans pressions de la part de gouvernements ou d’organisations",
a-t-il précisé. Elle s’oppose donc à ce que l’on impose des politiques démographiques et à ce que l’on promeuve des méthodes de limitations des
naissances qui contrarient "l’ordre moral objectif, et, la liberté, la dignité et la conscience de l’être humain".
Le chef de la délégation du Vatican a ajouté que le Saint-Siège refuse
que l’on considère les personnes comme de "simples numéros ou seulement en
termes économiques". L’Eglise affirme avec force son souci que les pauvres
ne soient considérés, du fait de leur seule existence, comme la cause plutôt que les victimes du sous-développement et de la dégradation de l’environnement.
Mgr Martino a relevé que le grave problème des liens entre l’environnement, le développement et la croissance démographique ne peut être résolu
de "façon trop simpliste". Après avoir observé que de nombreuses prévisions
alarmantes se sont revèlées fausses il a ajouté: "les gens ne naissent pas
seulement avec de bouches qui demandent à être nourries, mais avec des
mains capables de produire et des esprits capables de créer et de renouveler." "Un effort sérieux et concerté pour la protection du milieu et la
promotion du développement ne sera pas possible si on n’affronte pas directement les formes structurelles de pauvreté qui existent dans le monde entier", a-t-il ajouté.
Pour Mgr Martino, environnement et développement ont aussi une dimension
spirituelle. Il a dénoncé la pollution des esprits et la corruption des
coeurs: "la diffusion de la haine, de la fausseté et du vice, le trafic et
la consommation de drogues, l’égoïsme impitoyable qui méprise les droits
des autres - même le droit à la vie - sont autant de phénomènes qu’on ne
peut mesurer avec des instruments techniques, mais dont les effets cumulatifs détruisent les individus et les sociétés." (apic/cip/mp)