"L’Eglise aura toujours besoin de nouvelles structures pour parler et agir"
Rimini, 3septembre(APIC) "La réforme à l’intérieur de l’Eglise ne consiste pas dans le fait de pouvoir toujours refaçonner l’Eglise comme cela
nous plairait de le faire; elle consiste à faire un travail d’"ablatio",
c’est-à-dire à éliminer ses propres structures de soutien pour faire pénétrer dans l’Eglise le divin". C’est ainsi que s’est exprimé à propos de la
réforme de l’Eglise le cardinal Joseph Ratzinger à l’issue du 11e meeting
de "Communion et Libération" tenu la semaine dernière à Rimini.
Selon le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine
de la Foi, la libération fondamentale de l’Eglise est de se trouver "dans
l’horizon de l’Eternel" et "de sortir des limites de notre savoir et de
notre pouvoir". Pour le cardinal Ratzinger, l’Eglise doit être "le pont de
la foi et elle ne peut, spécialement dans sa vie d’association, devenir un
but en soi".
Certes, a poursuivi le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la
Foi, "l’Eglise aura toujours besoin de nouvelles structures humaines de
soutien, pour pouvoir parler et agir à chaque époque de l’histoire. De telles institutions ecclésiastiques, avec leur configuration juridique, loin
d’être quelque chose de négatif, sont au contraire, dans une certaine mesure, simplement nécessaires et indispensables. Mais elles vieillissent et
risquent de se présenter comme la maison la plus essentielle détournant le
regard de ce qui est vraiment essentiel". C’est la raison pour laquelle
"ces structures doivent toujours être enlevées comme des échaffaudages devenus superflus".
Le cardinal Joseph Ratzinger a encore parlé de "la nécessité d’un examen
de conscience dans l’Eglise qui laisse enfin à nouveau tranparaître le visage authentique de l’Eglise". Le cardinal a également précisé que l’Eglise
n’est pas une démocratie, et qu’"une Eglise fondée sur le respect des règles démocratiques, sur une décision prise à la majorité, deviendrait une
Eglise purement humaine", où la foi serait remplacée par "l’opinion".
Mgr Ratzinger a aussi mis en garde le monde catholique contre l’idée,
"également diffusée dans de hautes sphères ecclésiastiques", qu’une personne est "plus chrétienne dans la mesure où elle est plus engagée dans des
activités ecclésiales". Au cours d’une conférence de presse, le cardinal
Ratzinger a encore observé que l’Eglise ne doit jamais s’identifier à un
parti politique déterminé, mais qu’elle doit être ouverte à diverses opinions politiques". Il a déclaré que les contradictions et les fautes sont
inévitables là où se développe une véritable vie ecclésiale: "Il serait
dangereux de vouloir masquer les contradictions". (apic/jt/pr)