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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    L’incendie pourrait couver ailleurs au Mexique,

    Révolte des Indiens de l’Etat mexicain du Chiapas (040194)

    craignent les organisations sociales et l’Eglise locales

    Le diocèse de Mgr Mgr Ruiz Garcia d’ores et déjà visé

    Mexico, 4janvier(APIC) L’apaisement au Chiapas ne peut venir que de la

    négociation: c’est le message adressé aux autorités mexicaines par les organisations sociales du pays. Les évêques du Chiapas, de leur côté, restent

    prêts à une médiation que le gouvernement mexicain n’a toujours pas demandée. L’enjeu est pourtant de taille à quelques mois des élections présidentielles, qui pourraient se dérouler dans un climat détestable si d’autres explosions survenaient d’ici là.

    La stratégie de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, qui a mobilisé trois mille combattants échappe, dit-on, à l’Eglise et aux organisations

    sociales mexicaines. Des rumeurs faisant état de l’existence dans l’Etat du

    Chiapas d’organisations prêtes à la lutte armée circulaient, certes, mais

    le gouvernement mexicain lui-même a toujours démenti l’existence d’organisations de guérilla au Chiapas.

    Les oubliés du progrès

    Le soulèvement amènera-t-il le gouvernement Salinas à revoir ses choix

    politiques à quelques mois des élections présidentielles fixées en août

    prochain? Ce n’est sans doute pas un hasard si les insurgés ont choisi ce

    moment pour se rappeler au bon souvenir des autorités de Mexico et leur répéter les revendications maintes fois exigées pour une vraie réforme agraire et plus de justice.

    Pas un hasard non plus si cette flambée de violence est partie de l’Etat

    le plus pauvre du Mexique, après l’entrée du pays, au 1er janvier, dans le

    Traité de Libre Echange (ALENA) avec les puissants voisins du Nord que sont

    les Etats-Unis et le Canada. Malgré les versions contradictoires répandues

    au niveau national et international, la situation de misère s’est constamment aggravée au Chiapas.

    La réponse de Mexico

    Cette explosion soudaine remet en cause la stratégie suivie par le gouvernement mexicain durant le dernier "sextennat". Si, aux yeux de beaucoup,

    les conditions de la réussite d’un mouvement armé ne sont pas réunies, le

    gouvernement va néanmoins devoir tenir compte à présent d’un mouvement important et croissant de la société civile. Les observateurs redoutent pour

    leur part des options gouvernementales aux conséqences désastreuses: une

    militarisation limitée du pays, isolant la zone de conflit; la tentation de

    profiter de l’occasion pour fermer les espaces de participation et de mobilisation populaire dans tout le pays; le prétexte du soulèvement pour

    agresser - une fois de plus - le diocèse de San Cristobal, dirigé par

    "l’évêque des Indiens", Mgr Samuel Ruiz, qui s’est vu récemment encore invité à "réfléchir" sur ses options pastorales par le nonce apostolique à

    Mexico.

    A moins que le gouvernement ne tente de minimiser le mouvement armé et

    ne s’emploie à une action préventive en développant sa politique sociale à

    travers le programme Pronasol, même s’il n’a pas rencontré beaucoup de succès dans la région.

    Une troisième option, enfin, prônée par les milieux sociaux sensibles

    aux questions de la terre et de l’injustice, serait de promouvoir un processus de dialogue et de concertation avec les forces sociales et politiques, en offrant des garanties réelles de démocratisation du pays et de respect de la volonté populaire lors des prochaines élections d’août 1994; de

    rectifier en même temps une politique économique, dont les effets désastreux sur la population sont en bonne partie responsables de la situation.

    C’est cette dernière option que tentent du reste de promouvoir les organisations sociales: l’Union paysanne démocratique, le Front indépendant des

    peuples indiens, la Coordination des organismes civils pour la démocratie,

    les comités de défense des droits de l’homme, parmi lesquels le Centre Frère Bartolomé de Las Casas et le Département des droits de l’homme de l’archidiocèse de Mexico...

    Dans un communiqué, ces organisations constatent que "pour de nombreux

    secteurs de la population, les conditions de vie ne cessent de se détériorer, les conduisant au désespoir". "Cependant, ajoutent-elles, il nous

    semble que la violence n’est pas le chemin adéquat pour résoudre les problèmes économiques, sociaux et politiques qui affligent le peuple mexicain.

    On ne peut pourtant que reconnaître - avec inquiétude - que certains secteurs du peuple appauvri pourraient considérer que, dans les conditions actuelles, il n’y a plus d’autre alternative que la violence."

    La crainte de beaucoup est que la révolte des "zapatistes" du Chiapas ne

    soit le signe avant-coureur d’autres explosions sociales. L’heure n’est

    donc pas à la désinformation, dit le communiqué: le peuple a droit à la

    vérité, "non pour scandaliser ou effrayer, mais pour favoriser une réflexion et un dialogue fondamental de la société tout entière".

    Le diocèse de San Cristobal dans le collimateur?

    Les organisations ne cachent pas une autre crainte: "Il serait vraiment

    pénible que cette situation serve de prétexte pour inculper des instances

    qui se sont caractérisées par la défense des droits humains des peuples indiens". A ce titre, elles se disent "très préoccupées par le communiqué officiel publié par le gouvernement du Chiapas, dans lequel on cherche à compromettre le diocèse de San Cristobal dans le soulèvement armé". "Nous

    croyons, ajoutent-elles, que le soulèvement ne doit pas non plus servir de

    prétexte pour attenter à la liberté d’expression et au développement des

    organisations sociales qui sont un lieu de participation légitime dans

    l’Etat du Chiapas en utilisant des voies attachées à l’Etat de droit."

    Autre signe inquiétant: le bulletin officiel du gouvernement du Chiapas

    a déjà insinué que des prêtres du diocèse de San Cristobal pourraient être

    engagés dans le conflit armé. La télévision nationale a été plus loin en

    affirmant que le Père Pablo Domo, un dominicain, président du Centre des

    droits de l’homme du diocèse de San Cristobal, se trouvait aux côtés des

    insurgés. Or, ce dernier est depuis Noël en visite au couvent des dominicains de Mexico. Il a immédiatement démenti l’information, avant de participer à la conférence de presse donnée à Mexico par les organisations sociales. Toutes ces accusations ont été énergiquement démenties par le diocèse de San Cristobal le dimanche 2 janvier.

    Dans leur déclaration, les organisations sociales mexicaines "exhortent

    tant le gouvernement que l’Armée Zapatiste de Libération Nationale à garder

    à tout moment le respect des droits de la population civile conformément à

    la législation nationale et aux conventions internationales"; de même, à

    "ne pas utiliser la situation pour justifier des actions militaires étrangères au droit mexicain". Elles exhortent aussi les autorités et les insurgés à accepter la médiation offerte par les évêques des trois diocèses du

    Chiapas, Mgr Samuel Ruiz Garcia (San Cristobal), Mgr Felipe Aguirre Franco

    (Tuxtla Gutierrez) et Mgr Felipe Arizmendi Esquivel (Tapachula).

    Les évêques du Chiapas motivaient leur offre de médiation, adressée aux

    deux parties le 2 janvier, par "nos possibilités réelles d’être des intermédiaires en raison de l’ascendant moral reconnu à l’Eglise". Ils se disaient disposés à rendre ce service "si les deux parties le désirent et l’acceptent" et adressaient à celles-ci un appel "pour que la prudence politique et la responsabilité historique les incitent à chercher un dialogue

    vrai et respectueux". (apic/cip/pr)

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