Bruxelles, 23septembre(APIC/CIP) Quinze jours avant l’ouverture à Rome du
Synode des éveques sur "la vocation et la mission des laics dans l’Eglise
et le monde vingt ans après le Concile", les Présidents respectifs des deux
grands organes de concertation des laics en Belgique ont fait le point avec
les informateurs religieux, le 15 septembre à Bruxelles, sur les aspirations et les requetes des laics du pays.
Il y a plusieurs mois que le Conseil Pastoral Interdiocésain flamand
(IPB) et le Conseil général de l’Apostolat des Laics (CGAL) ont entrepris,
chacun de leur coté, une réflexion sur le role des laics chrétiens aujourd’hui. Ils n’ont pas attendu la publication officielle par Rome d’un
document préparatoire (appelé "Lineamenta") destiné à favoriser la consultation ecclésiale en vue du Synode. Chaque partie a remis au cardinal Danneels une série de recommandations et d’avis dont l’archeveque de MalinesBruxelles tirera parti dans son intervention devant l’Assemblée synodale à
Rome.
Spiritualité, inculturation, participation
Les laics flamands, outre qu’ils espèrent que le Synode favorisera une
participation accrue des laics dans l’Eglise, attendent un approfondissement de la spiritualité pour eux-memes et réclament une attention plus fine
aux problèmes posés par l’enracinement de l’Evangile dans la et meme les
cultures contemporaines.
La toute première attente de l’IPB est que le Synode encourage les
chrétiens à mieux se concerter pour relever une série de défis nouveaux
posés dans différents domaines de la société contemporaine. Cela suppose
que la mission chrétienne soit entendue comme responsabilité à assumer collectivement. Les laics tiennent à etre considérés par le clergé comme des
partenaires de dialogue adultes et associés aux prises de décision; ils
désirent promouvoir encore la concertation existant dans l’Eglise.
en ce qui concerne la place et la participation des laics dans la vie de
l’Eglise, l’IPB insiste pour que l’on compte davantage sur l’apport des
laics dans les lieux ou s’élaborent ou se repensent différents modèles de
culture chrétienne : publications, centres de formation, commmissions
diocésaines, nationales ou internationales. Il importe aussi que se poursuive la recherche sur les nouveaux services et ministères dans l’Eglise.
Travail en équipe, accès éventuel d’hommes et de femmes mariés aux ministères ordonnés, rémunération des travailleurs pastoraux, participation
des laics aux organes de décision sont autant de problèmes mis à l’ordre du
jour.
Une Eglise qui informe sur ses activités
Un dernier volet de recommandations de la part de l’IPB concerne la
préparation des Synodes des éveques ainsi que les suites qui y sont données. Nombre de laics s’étonnent du peu d’information circulant dans
l’Eglise en certaines matières, voire du secret dont restent entourées certaines discussions ou concertations au sommet. L’IPB, par exemple, aimerait
voir publiés un certain nombre d’avis remis au pape par les éveques. Le
Conseil estime, par ailleurs, que d’autres formes de Synode seraient à encourager, non seulement des Assemblées mondiales, mais aussi des Assemblées
continentales et régionales, avec une participation accrue des laics.
L’Eglise doit etre plus présente au monde
De son coté, le CGAL, s’il insiste aussi sur la coresponsabilité et la
prise au sérieux des laics, se montre plus sensible aux "problèmes rencontrés par les chrétiens dans leur mission au coeur de la société" : "Nous
ne voyons pas comment il est possible de parler avec réalisme de cette mission sans aborder de front des questions aussi urgentes que les politiques
de défense et l’armement nucléaire, la vie économique et la justice sociale, l’impact des sciences et des techniques sur la vie collective et privée, les défis du couple aujourd’hui, ..." affirme Jacques Briard, Président du CGAL.
Une volonté de se démarquer pour mieux affirmer son originalité
C’est par souci de ces questions essentielles que le CGAL s’est
délibérément démarqué du cadre de réflexion proposé par le document préparatoire au Synode, les "Lineamenta" ne consacrant, en vue de la consultation, qu’une question sur seize à l’insertion des laics chrétiens dans la
société actuelle. Depuis la parution des "Lineamenta" il y a eu, au terme
de la consultation ecclésiale, publication d’un document de travail ("Instrumentum Laboris") qui servira de document de référence pour les débats
durant le Synode. Entre les deux documents, l’évolution est très sensible,
note Jacques Briard. Si la vision du monde qui a inspiré la première partie
du document de travail est jugée de manière positive au CGAL, la seconde
partie, dit-on, témoigne d’une théologie "très classique, voire fort en
retrait sur le concile Vatican II". Une place trop petite est faite aux notions de "peuple de Dieu" et de "pauvreté", fondamentales pourtant dans
l’Eglise.
Pretres et laics toujours plus solidaires
Le CGAL refuse le principe d’une "distinction radicale" entre clercs et
laics, car il ne lui "parait pas du tout évident qu’il existe une spiritualité propre aux laics, bien distincte de celle des clercs". Une enquete
récente montre que le sujet retient l’attention de beaucoup. Dans leur ensemble les catholiques wallons et bruxellois sont satisfaits de l’évolution
en cours et souhaitent qu’elle se poursuive dans le sens d’une collaboration plus étroite entre le clergé et les laics, d’un intéret plus marque de
l’Eglise pour la vie des gens. Un aspect particulier mais important du problème est souvent soulevé : quelle est la place des femmes dans l’Eglise ?
"Cette question, relève Jacques Briard, peut servir de thermomètre pour mesurer la santé de l’Eglise".
A condition de ne pas réduire le débat à la vie interne de l’Eglise, la
question de la "participation" des laics est manifestement au coeur du prochain Synode. "L’Eglise est située dans une société. Or, quand elle affirme
que la participation est importante pour la vie en société, elle ne saurait
etre crédible que si elle veille à promouvoir cette participation en son
propre sein" affirme Jacques Briard. (apic/cip/cor)