Réunification de la Corée : les évêques en désaccord (110889)
Visiter la Corée du Nord sans autorisation est un crime
Séoul, 11août(APIC) Bien que de nombreux prêtres, étudiants et paysans
catholiques sud-coréens soient très engagés dans la lutte pour la réunification de la Corée, leurs évêques et certains milieux catholiques restent
très réticents face aux méthodes utilisées pour atteindre ce but. Des voyages en Corée du Nord, considérés par les autorités comme illégaux et portant atteinte à la sécurité nationale, ont entraîné des mesures répressives
de la part du régime en place à Séoul.
Le cardinal de Séoul Stephen Kim Sou-hwan, a bien rencontré quelques
membres de l’Association des Prêtres catholiques pour la Justice (CPAJ)
quelques jours avant l’arrestation de trois de leurs leaders, le 29 juillet. Mais le cardinal a fait savoir à des visiteurs qu’il n’était pas d’accord avec certaines actions entreprises par la CPAJ, action qualifiées de
"très imprudentes".
De son côté, Francis Lee, membre du Groupe catholique d’Action sociale
révèle que 16 organisations catholiques soutiennent les actions du CPAJ. Il
a révélé que la CPAJ a envoyé le Père Moon-Kyu-hyon en Corée du Nord pour
accompagner la responsable étudiante catholique Susana im Sukyong, âgée de
21 ans, qui voulait retourner en Corée du Sud après son voyage non-autorisé
au Nord. Selon Francis Lee, "c’est le devoir naturel des prêtres d’aider
les croyants en difficulté et en danger". Susana Im n’a pas reçu l’autorisation de rentrer dans son pays et serait immédiatement arrêtée s’il elle
rentrait en Corée du Sud par la Zone Démilitarisée, en vertu de la Loi sur
la Sécurité Nationale. Elle peut retourner en Corée du Sud par d’autres
voies, mais sera alors jugée pour avoir violé la loi et risque de 10 à 15
ans de prison.
"Quant à l’Eglise catholique, dit-il, elle est restée plutôt silencieuse
ces cinq dernières années mais depuis les récents efforts des catholiques
en vue de la réunification, elle se revitalise. La réunification n’est rien
d’autre qu’une question de droits de l’homme."
Beaucoup de prêtres n’aiment pas parler d’un problème aussi délicat. Le
cardinal Stephen Kim ainsi que d’autres prêtres plus âgés ont une expérience très amère du communisme. En 1950-53, lors de la guerre de Corée, beaucoup de prêtres, leurs camarades, ont été tués. De ce fait, ils ont des
sentiments anti-communistes très marqués, relève-t-il encore.
L’attitude officielle de l’Eglise est de dire qu’au Nord les habitants
vivent sous un dictature sévère, privés de liberté et du respect des droits
de l’homme, et que la religion est nécessaire pour libérer le peuple. "Mais
la réalité est autre, il existe un certain degré de liberté religieuse en
Corée du Nord, affirme Francis Lee. La mauvaise impression qu’on a de la
Corée du Nord a été entièrement fabriquée par le gouvernement sud-coréen".
"Nous voulons présenter une image objective du Nord, mais la Loi sur la Sécurité Nationale ne permet à personne de s’y rendre", ajoute-t-il encore,
avant d’admettre que ses informations sur la liberté religieuse en Corée du
Nord ne sont pas de première main. Beaucoup de touristes venus d’Europe et
des Etats Unis s’y sont cependant rendus et ont publié des articles et des
documents dans les journaux. Bien qu’interdits en Corée du Sud, ces reportages circulent clandestinement dans le pays. (apic/ucan/be/mg)