Rome: "Les réfugiés, un défi pour notre temps" (021092)
Un document du Vatican invite à la solidarité avec les réfugiés
Rome, 2octobre(APIC) Le drame des réfugiés, leur statut dans la communauté internationale et l’effort que celle-ci doit entreprendre pour résoudre
ce grave problème font l’objet d’un document que publie vendredi le Vatican. Et en particulier les Conseils pontificaux confrontés quotidiennement
à cette problématique. Le document que signent les présidents de ces dicastères, le cardinal Roger Etchegaray (Cor Unum) et Mgr Giovanni Cheli (Pastorale des migrants et des personnes en déplacement), aborde en quatre
chapitres les questions inhérentes é ce problème. Son titre, "Les réfugiés,
un défi pour notre temps", résume à lui seul l’importance qu’accorde le Vatican au drame de ce siècle.
Aujourd’hui, le nombre déjà élevé (17 millions) de réfugiés qui entrent
dans la définition étroite donnée par le droit international est doublé par
le nombre de "déplacés" à l’intérieur de leur pays, sans protection juridique. Sans parler de ceux qui fuient une "pauvreté extrême et quasi oppressive". Pour le Vatican, la distinction entre réfugié et migrant est parfois
difficile à faire. Elle entraîne "certaines interprétations arbitraires du
statut de réfugié" et favorisent des politiques restrictives peu conformes
au respect de l’homme".
Le document, qui aborde le drame de l’exil et de l’exode en mentionnant
les camps de Palestiniens et les "boat-people" fait référence aux réfugiés
légalement reconnus par la Convention de 1951 et le Protocole de 1967, mais
insiste pour que soient reconnus les réfugiés qu’on peut appeler les "réfugiés de facto", pour des raisons humanitaires, étant donné la nature involontaire de leur migration: les victimes de conflits armés, de politiques
économiques erronées ou de désastres naturels.
S’agissant des soi-disant "réfugiés économiques", les Conseils pontificaux estiment que "la justice et l’équité" requièrent que des "distinctions
appropriées" soient apportées: "ceux qui fuient des conditions économiques
qui menacent leur vie ou leur intégrité physique doivent être traités différemment de ceux qui émigrent simplement pour améliorer leur situation".
Contre les choix arbitraires
Le document constate en outre que les Etats ont de plus en plus tendance
à réduire la protection due aux réfugiés et dénonce le choix arbritraire
des critères d’appréciation. Pour le Vatican, "il y aura des réfugiés victimes d’abus de pouvoir tant que les relations entre les personnes et entre
les nations ne s’appuient pas sur une vraie capacité à s’accepter de plus
en plus dans la diversité et l’enrichissement réciproque". Tout en mettant
en évidence les aspects politiques et culturels de la question, le document
rappelle que "toute personne en danger, qui se présente aux frontières, a
droit à la protection", et appelle à "un effort renouvelé en vue d’élaborer
des normes d’asile territorial internationalement acceptables".
Le document revient sur les mesures de protection offertes aux "réfugiés
conventionnels"; elles s’étendent à toutes les conditions nécesaires à une
existence pleinement humaine. Ce qui suppose, entre autres, l’accès à
l’instruction et à l’assistance médicale, à la possibilité de cultiver sa
culture et ses traditions et d’exprimer librement sa foi.
Le Saint-Siège souhaite que tous les Etats adhèrent à la Convention de
1951 et au Protocole de 1967. Il demande que l’exercice du droit d’asile ne
soit pas empêché par des mesures dissuasives et pénalisantes comme l’internement. Le Saint-Siège s’oppose de plus clairement au rapatriement forcé:
"Le respect scrupuleux du principe du choix volontaire du rapatriement est
la base non négociable du traitement des réfugiés. Personne ne doit être
renvoyé dans un pays où il craint des actions discriminatoires ou de graves
atteintes à son intégrité physique.
Chemins de solidarité
Le troisième chapitre entre plus en détail dans l’ébauche des "chemins
de la solidarité" en décrivant la contribution attendue des institutions
internationales et les responsabilités concrètes des Etats. Il interpelle
spécialement les Etats démocratiques et économiquement développés. "Il ne
s’agit pas seulement de panser des plaies, il faut aussi intervenir sur les
causes génératrices de réfugiés". Une autre obligation des Etats est "l’adoption d’instruments juridiques spécifiques et de mécanismes de coordination appropriés de la part de la communauté internationale, dont les légitimes interventions ne pourront être considérées comme des violations de la
souveraineté nationale".
La contribution de l’Eglise fait l’objet du quatrième et dernier chapitre. L’Eglise locale y est mentionnée parce que sa tâche revêt divers
aspects: dénonciations des injustices, actions pour l’adoption d’une législation adéquate; l’éducation contre la xénéphobie... La paroisse y figure
aussi, comme "premier lieu de l’attention ecclésiale à l’égard des réfugiés". Le document plaide en outre en faveur de la coopération oecuménique:
"Dans cette oeuvre de charité, la collaboration entre les Eglises chrétiennes et les différentes religions non-chrétiennes conduira à de nouvelles
étapes dans la recherche et dans la réalisation d’une unité plus profonde
de la famille humaine". (apic/cip/pr)