Restitution de la cathédrale Saint-Georges à l’Eglise ukrainienne (170890)
Rome, 17août(APIC) L’archevêque de Lvov des Ukrainiens en exil à Rome, le
cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky s’est dit "très heureux" vendredi, dans
une interview accordée à l’agence catholique autrichienne "Kathpress", de
la restitution la veille de la cathédrale Saint-Georges de Lvov à l’Eglise
ukrainienne.
la cathédrale était depuis 1946 - époque où l’Eglise de rite oriental
unie à Rome ou uniate a été interdite par les autorités soviétiques - utilisée par l’Eglise orthodoxe russe. Après la relégalisation de l’Eglise
uniate d’Ukraine à la fin de l’année dernière, une épreuve de force s’était
engagée entre les orthodoxes et les catholiques à propos de la cathédrale
Saint-Georges de Lvov.
Le cardinal Lubachivsky remercie Dieu et le pape, mais également les
évêques, les prêtres et les fidèles d’Ukraine qui ont conservé leur foi
malgré une forte persécution durant plus de quarante ans de lui avoir permis de vivre ce jour. Pour l’Eglise uniate, la restitution de la cathédrale
Saint-Georges est "un événement significatif".
L’influence du pape
Les Ukrainiens ont pu se persuader que l’engagement du pape pour les
droits de l’Eglise catholique ukrainienne a abouti et que "le Saint-Père a
eu une grande influence sur les événements de notre pays". De nombreuses
personnes n’y ont pas cru jusqu’ici. Ils ont encore dans l’oreille les paroles de l’évêque orthodoxe Borek de Lvov: "Nous vous chasserons d’ici comme des chiens". Maintenant c’est lui qui doit quitter les lieux, fait remarquer le cardinal Lubachivsky.
L’Eglise uniate a reçu jeudi 16 août la lettre officielle des autorités
municipales assurant que la cathédrale Saint-Georges de Lvov et la résidence de l’évêque appartiennent désormais à l’Eglise uniate. De toute manière,
le palais épiscopal est toujours occupé, Mgr Borek attendant une nouvelle
résidence.
Le cardinal Lubachivsky s’est dit heureux que les fidèles uniates - répondant à un appel de son représentant à Lvov, l’archevêque Wolodymir Sterniuk - n’aient pas eu recours à la violence pour que leur soit rendue la
cathédrale Saint-Georges de Lvov.
Des restitutions attendues de la part des catholiques polonais
"Nous avons obtenu à nouveau la cathédrale Saint-Georges de la part des
communistes, maintenant il serait bien que nous puissions également obtenir
à nouveau notre cathédrale de Przemysl de la part des catholiques romains",
a déclaré le chef de l’Eglise catholique ukrainienne, qui a ajouté: "Que
les Polonais nous rendent cette église !". Les carmélites qui utilisent actuellement l’ancienne cathédrale gréco-catholique de Przemysl en ont beaucoup moins besoin que les uniates, a affirmé le cardinal Lubachivsky. Les
citoyens ukrainiens catholiques en Pologne - on estime leur nombre à environ 500’000 - se sentent à bien des égards discriminés par rapport à
l’Eglise catholique romaine, majoritaire.
400 séminaristes uniates
le siège épiscopal catholique ukrainien de Przemysl est très important
pour les uniates, affirme le cardinal, parce que l’endroit est assez grand
pour que l’on puisse y installer un séminaire. Le complexe a déjà abrité un
séminaire hébergeant 200 séminaristes. Maintenant l’Eglise gréco-catholique
d’URSS a d’importants problèmes de place en ce qui concerne les lieux de
formation. Lvov compte 150 séminaristes, Stanislawow 250. "Nous avons des
gens qui pourraient enseigner, mais nous n’avons pas de place où installer
un tel séminaire", a constaté le chef de l’Eglise uniate. Il espère néanmoins que le séminaire dont son Eglise a besoin pourra être installé par la
restitution aux uniates du complexe de Przemysl.
Le cardinal Lubachivsky a affirmé que 1’400 églises ont jusqu’ici été
restituées aux uniates d’Ukraine. Lui-même, a-t-il affirmé, ne regagnera
Lvov que lorsque l’Eglise catholique ukrainienne aura été pleinement légalisée par les autorités soviétiques. "Ce n’est pas encore le cas, mais une
évolution positive se dessine", a constaté le cardinal. Il espère que la
reconnaissance légale de l’Eglise uniate "interviendra peut-être encore
cette année, mais tout au moins l’année prochaine". (apic/kpr/gbr/cor)