Requérants d’asile dans le canton de Neuchâtel (080289)
Neuchâtel, 8février(APIC) Les responsables du Centre Social Protestant
(CSP) de Neuchâtel ont reproché à la Croix-Rouge l’oubli de son rôle humanitaire. Le CSP de Neuchâtel organisait à son siège une conférence de presse le 8 février pour faire connaître sa position face aux demandeurs d’asile et face au centre fédéral de Gorgier.
Les différents responsables du CSP ainsi que Philippe Bois, juriste,
membre de Coordination-Asile, ont particulièrement insisté sur la manière
inhumaine, ont-ils dit, dont sont traités les requérants d’asile. Ils n’ont
pas hésité à dénoncer la Croix-Rouge à qui ils reprochent d’oublier son
rôle humanitaire de soutien des faibles pour jouer le jeu des services de
Peter Arbenz, délégué aux réfugiés.
Nombreuses irrégularités
Les responsables du CSP dénoncent tout d’abord la façon dont sont
traités moralement et physiquement les requérants d’asile "parqués" à
Gorgier. Dans un ancien motel, les gens habitent à quatre par chambre.
Cette situation serait encore vivable s’ils avaient des salles pour se
distraire ou s’occuper. Or rien n’existe. Ils ont l’interdiction de
travailler et n’ont aucun lieu à disposition. La Croix-Rouge n’aurait pas
d’argent pour cela.
Au point de vue moral, toujours selon les responsables du CSP, les requérants sont laissés à eux-mêmes. Ils n’ont souvent aucune connaissance de
la procédure à laquelle ils sont soumis. Les seules informations qu’ils reçoivent sont celles données par des interprètes qui auraient parfois de bizarres interprétations d’un texte. La procédure dite accélérée donne lieu à
de nombreuses irrégularités qui ont été constatées, dénonce le pasteur
Beljean, président du Synode de l’Eglise réformée-évangélique de Neuchâtel,
qui en citent plusieurs exemples.
Améliorations probables
Le pasteur Beljean insiste sur le fait que l’Eglise n’entrera pas dans
l’illégalité. Contrairement à d’autres groupements, l’Eglise réformée
neuchâteloise ne met pas en cause ni la procédure accélérée, ni les centres
fédéraux. Mais l’Eglise dénonce violemment les irrégularités et les
conditions d’hébergement. Lors des discussions avec le conseiller d’Etat
André Brandt et avec Rudolf Durrer, responsable de la Croix-Rouge pour les
centres fédéraux, trois choses ont été déjà obtenues. Tout d’abord, une
assistance du CSP, assistance matérielle et juridique, deuxièmement, une
surveillance du temple des Valangines par la police pour éviter les
troubles et les attaques de la part d’exaltés, enfin, une modification de
l’esprit de la Croix-Rouge qui ne doit pas être la mandataire du délégué
pour les réfugiés plus que des réfugiés eux-mêmes.
Alerte à la bombe pendant la conférence de presse
"L’occupation du Temple des Valangines ne doit pas durer, a déclaré le
pasteur Beljean, la situation est encore saine et pourrait se dégrader,
l’état moral et physique des requérants s’aggrave". Il a dénoncé aussi
l’infiltration politique. Il a été difficile, dit-il, de se débarasser des
nombreux "accompagnants" pour se retrouver face aux requérants qui peuvent
alors parler d’eux-mêmes. Un autre danger peut aussi venir d’excités qui
menacent les responsables par lettre ou par téléphone. Les journalistes
présents ont pu eux-mêmes en faire l’expérience puisque pendant la
conférence de presse on a annoncé la pose d’une bombe dans l’immeuble; ce
qui n’a d’ailleurs pas troublé grand monde. (apic/ps/bd)