République Dominicaine: vent de perplexité sur Saint-Domingue (111092)
anniversaire de la découverte des Amériques
Saint-Domingue, 11octobre(APIC/Jacques Secretan) L’arrivée vendredi soir
du pape Jean Paul II à Saint-Domingue, pour sa troisième visite en République Dominicaine en quatorze ans de pontificat, s’est produite dans un contexte non dénué de confusion. Trois jours après l’inauguration officielle
du monumental phare à Colomb ("faro a Colon"), dans lequel reposent désormais les restes supposés du grand navigateur tranférés en grande pompe mercredi depuis la cathédrale de Saint-Domingue, le pape a débarqué dans un
pays qui vit à l’heure du 500e anniversaire de la découverte des Amériques.
En dépit de l’avalanche de louanges ayant rappelé jusqu’au jour "J"
l’immense privilège qu’allait constituer l’illustre visite, un vent de perplexité souffle sur Saint-Domingue. Le pape n’est pas venu participer aux
festivités du 500e anniversaire, a dû rappeler le Vatican afin de tenter de
dissiper le malentendu. Cette mise au point a certes été publiée dans la
presse dominicaine, mais elle est inévitablement très étouffée au regard
des innombrables articles, éditoriaux et avis publicitaires laissant croire
que les deux événements étaient liés.
La venue du pape sur les traces de Colomb, la télévision dominicaine
l’annonce quotidiennement dans un spot publicitaire réunissant l’emblème
pontifical, le dessin du navire "Santa Maria" et le sigle "Ve centenaire"
du comité du même nom. Ce dernier est présidé par le cardinal Nicolas de
Jesus Lopez Rodriguez, archevêque de Saint-Domingue et président du Conseil
épiscopal latino-américain (CELAM) dont la 4e Assemblée générale aura précisément lieu dans la capitale de la République Dominicaine, du 12 au 28
octobre.
"Le cardinal a décidé que la grand-messe de dimanche serait célébrée devant le phare à Colomb, alors qu’il aurait fort bien pu désigner un autre
lieu approprié", souligne le Père Jorge Cela, curé jésuite d’une paroisse
populaire de 55’000 habitants. "J’inaugurerai la 4e Assemblée des évêques
latino-américains le jour anniveraire des 500 ans de l’arrivée de la croix
du Christ dans le Nouveau Monde", a dit pour sa part le Saint-Père dans son
allocution prononcée vendredi soir à son arrivée à l’aéroport "Las Americas" de Saint-Domingue.
Le "phare à Colomb" a été construit en six ans sur un terrain dont il a
fallu déloger 10’000 familles. L’énorme édifice, destiné à abriter des musées et des expositions à côtè du mosolée à Colomb, sera ouvert au public
après le départ du pape fixé au mercredi 14 octobre. Long de 670 mètres et
haut de dix étages, le "phare" se présente comme une immense croix blanche
couchée. De nuit, celle-ci se projette au dessus de la capitale dominicaine, par un jeu d’un système de rayons lasers émis depuis sa partie supérieure.
L’impopularité du "phare à Colomb" a été démontrée lors de son inauguration. Alors que la ville était quadrillée par les forces armées et la police pour éviter toute contestation spectaculaire, les abords du bâtiment
n’ont pas accueilli la foule escomptée par les autorités. Seuls quelques
grappes de spectateurs disséminés ont daigné prêter attention aux discours
prononcés à cette occasion par les représentants du gouvernement et par le
cardinal Lopez Rodriguez. (apic/jacques secretan/ba)