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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Nous commençons ici la publication d’une série de reportages et d’inter-

    Reportage en Terre Sainte I

    views sur la situation des chrétiens en Terre Sainte (Israël et les territoires occupés). L’envoyé spécial de l’Agence APIC a passé deux semaines

    dans les territoires occupés et a rencontré de nombreuses personnalités

    chrétiennes locales ainsi que des pacifistes juifs et des colons juifs installés en Cisjordanie. Trois pages spéciales sur les chrétiens de Bethléem,

    les colonies de peuplement et les Arabes citoyens d’Israël peuvent être

    commandées à part (ils ne sont pas compris dans le service quotidien), ainsi que les photos réalisées par l’agence CIRIC (Rue Voltaire 7, 1000 Lausanne 13 / Tél. 021/27 52 50)

    Bethléem : l’Université catholique fermée depuis 7 mois (170588)

    Les chrétiens de Terre Sainte tentés par l’émigration

    Bethléem, 17mai(APIC) Fondée en 1973 avec l’aide du Vatican, dans le but

    de maintenir une élite intellectuelle chrétienne et une Eglise locale dans

    les lieux mêmes qui ont vu la naissance du Christ, l’Université catholique

    de Bethléem vit des jours difficiles. Elle a été en effet fermée il y a

    plus de 7 mois par les autorités militaires israéliennes et ses 1600

    étudiants vont vraisemblablement perdre une année d’étude. Son recteur,

    Anton de Roeper, Frère des Ecoles chrétiennes, a expliqué à l’Agence APIC

    que les chrétiens de Bethléem étaient fortement tentés par l’émigration,

    car leur avenir sous l’occupation leur semble bouché. Avec le risque que

    les Eglises locales, dans ce berceau de la chrétienté, ne se transforment

    en musées.

    Avant même que n’éclate en décembre dernier l’ "intifada", le soulèvement palestinien, l’Université avait connu l’agitation sur le campus et

    l’armée avait tiré sur les étudiants jetant des pierres, faisant un mort et

    plusieurs blessés. Ainsi, suite à ces incidents, l’Université a été fermée

    le 28 octobre pour trois mois, la plus longue fermeture qu’aient jamais ordonnée les autorités militaires israéliennes. Depuis, elle n’a pas été autorisée à rouvrir ses portes.

    Le but de cette Université, explique son recteur, c’est de maintenir une

    Eglise ici. Parce que, après l’occupation de 67, il y a eu beaucoup de

    monde qui voulaient émigrer, les chrétiens en premier lieu, parce qu’ils en

    ont les moyens. Les musulmans n’ont pas assez d’argent pour émigrer, ils

    sont concentrés dans les camps de réfugiés et aussi dans les villages. On

    trouve plutôt les chrétiens dans les villes ou ils exercent des professions

    libérales; ils sont avocats, médecins, architectes, et ils envoient leurs

    fils particulièrement en Europe et aux Etats-Unis pour faire leurs études.

    Beaucoup ne reviennent pas. Vous voyez qu’en 1967, il y avait à Jérusalem près de 20’000 chrétiens. Aujourd’hui il en reste seulement 6’000 dans

    la Vieille Ville et peut-être 10’000 pour tout Jérusalem. C’est une réduction considérable, depuis l’occupation.

    En fait, c’est maintenant très difficile de trouver du travail. Le problème est que nous n’avons pas d’administration civile digne de ce nom en

    Cisjordanie. Il n’y a pas de bureaucratie significative, il n’y a pas d’administration ou ceux qui ont fait des études supérieures puissent travailler, il n’y a pas de services pour absorber les docteurs et de système national pour la santé, il n’y a que de petites réalisations privées dispersées.

    Les hôpitaux gouvernementaux ont peu de moyens et même si les médecins

    sont Arabes, l’administration est contrôlée par les Israéliens. Si on ne

    paie pas, on n’a presque rien. Ainsi il n’y pas beaucoup de raisons pour

    rester. Auparavant, avant la fondation de l’Université, la plupart des jeunes hommes ayant une profession libérale et certaines femmes sont partis.

    Ils ont fait des études supérieures et ne sont pas rentrés. Ils n’étaient

    en aucun cas les bienvenus pour les autorités d’occupation. C’est pourquoi

    l’Eglise locale a voulu faire quelque chose pour garder les gens sur place.

    Cette une initiative qui est partie d’ici : on a demandé au Vatican de fonder une Université ou l’on puisse former des étudiants Palestiniens. On

    pensait que les jeunes resteraient ainsi plus facilement en Terre Sainte.

    Le Vatican a été d’accord. La demande a été adressée aux jésuites, aux

    franciscains et aux Frères des écoles chrétiennes. Les Frères des Ecoles

    chrétiennes américans ont été d’accord de faire fonction cette Université.

    Ils ont mis sur pied un progamme de trois ans pour former des enseignants

    diplômés. Puis la communauté chrétienne locale trouva préférable un cours

    de 4 ans conduisant à des diplômes universitaires, répondant aux programmes

    en vigueur dans les pays arabes. On espérait que ces diplômes pourraient

    être acceptés en Jordanie, mais nous avons eu besoin de 7 ans pour être reconnus par les pays étrangers. On a eu des problèmes avec l’administration

    qui était largement expatriée. Ainsi nous avons établi une présidence de

    l’université arabe et un conseil de gestion arabe.

    Cela a été suffisant, avec notre service académique, pour que nous

    soyons reconnus. Dans le cas contraire, cela aurait signifié que les jeunes

    enseignants formés ici auraient été payés dans les écoles jordaniennes ici

    comme s’ils n’avaient pas de diplôme, comme s’ils n’étaient pas qualifiés.

    Ce problème est maintenant résolu.

    Nous avons seulement une école pour infirmiers (un diplôme d’infirmier

    comme aux Etats-Unis) avec spécialisation dans l’infirmerie des communautés, un Institut de gestion hôtelière et de tourisme, une Faculté de gestion d’affaires. Ces 3 branches sont planifiées directement pour répondre

    aux besoins de la communauté locale. Nous avons aussi une Faculté des

    lettres et une Faculté de sciences. Ces deux Facultés avaient d’abord pour

    but de fournir de meilleurs enseignants pour les écoles locales.

    Près de 10’000 universitaires sans travail en Cisjordanie

    Maintenant, nos programmes de diplômes sont acceptés aux Etats-Unis et

    nos jeunes diplômés peuvent y aller pour faire des masters et des doctorats, si nous voulons les réemployer comme enseignants ici. Je dirais que

    notre niveau académique est acceptable. Nous n’enseignons pas l’architecture, le droit et la médecine, car nous avons en Cisjodanie plus de docteurs

    que de places, trop de juristes et trop d’architectes. Sans une administration civile, il n’y a pas de besoin d’ingénieurs civils, sans un service de

    santé nationalisé ou centralisé, il n’y pas moyen de payer des docteurs. Il

    en va de même pour les juristes. Sous la présente administration, les juristes n’ont pas de travail. Ainsi si vous formez des juristes ou des docteurs ou des ingénieurs, vous allez former des professionnels qui ne trouveront pas de travail. C’est un des grands problèmes de la Cisjordanie.

    Nous avons près de 10’000 diplômés qui n’ont pas d’emploi correspondant à

    leur formation.

    Cela est dû en partie à l’occupation, qui ne nous permet pas de développer nos propres structures étatiques, mais également à un autre facteur.

    Cette Université a démarré en 1973 et quelques semaines plus tard une autre

    Université voyait le jour à Bir Zeit, puis on a fondé An-Najjah à Naplouse,

    l’Université d’Hébron, l’Université islamique de Gaza, et celle de Jérusalem. Ainsi nous avons virtuellement 6 Universités pour ce petit pays. Nous

    avons donc plus d’étudiants qui obtiennent des diplômes que de travail pour

    eux. Cela tient aussi au niveau de développement technique de la société.

    Ce niveau est aussi lié au manque d’investissements, car il n’est pas si

    facile d’investir ici en Cisjordanie, de développer l’économie, car elle

    est contrôlée par les Israéliens. Le développement palestinien a été retardé par les Israéliens, qui contrôlent tout. On ne permet pas aux industries de se développer car elles menaceraient les industries d’Israël.

    C’est là notre problème. Pour moi, le meilleur parallèle est la Jordanie

    qui a vécu un remarquable développement au cours des vingt dernières années, particulièrement au niveau des services sociaux centralisés et des

    services de la communauté et des secteurs comme l’électricité, l’eau, toutes ces choses se sont beaucoup améliorées en Jordanie, beaucoup plus rapidement qu’ici. La Palestine était beaucoup plus avancée que la Jordanie il

    y a 25 ans dans ces domaines et maintenant elle est en retard. Cela a

    évidemment quelque chose à voir avec l’occupation.

    Un exemple très typique : la compagnie d’électricité de Jésrusalem n’a

    pas le droit de renouveler ses turbines. Ainsi elle achète près de 90 % de

    l’électricité utilisée à la compagnie israélienne. Il y a également la

    confisaction des terres par les colons juifs. Il nous reste, pour plus d’un

    million de personnes, 45 % des terres que nous avions avant 67. Le reste

    est occupé par quelque 70’000 colons israéliens.

    Mais je ne pense pas que c’est cela qui pousse spécialement à l’émigration. C’est certainement l’une des nombreuses raisons qui forcent quelqu’un

    à émigrer. Mais la plupart des gens qui émigrent, je pense, sont des habitants des villes, ce ne sont pas des habitants des villages. Et ce sont les

    villageois à qui on supprime leur terres. Dans les villes, c’est l’interférence avec le commerce, l’industrie, des taxes injustes vous devez payer

    et ou vous ne recevez rien pour vos taxes. Je crois que tout le monde désire faire de l’argent, désire gagner de l’argent pour ses enfants. Qunad il

    n’y a plus d’espérance à long terme, la tendance est à l’émigration,

    surtout chez les chrétiens, qui sont mieux formés.

    Ainsi naît la frustration et la colère. Plus elles montent, plus il y a

    d’atrocités. Il y a des soldats qui font irruption dans une maison, brisent

    des objets, emmènent un jeune garçon et peut-être le battent. Parfois ils

    le font, parfois pas. Je passe un certain temps chaque jour dans le petit

    centre que nous avons et ou je fais de la physiothérapie sur des jeunes

    hommes qui seront paralysés pour le reste de leur vie. Le plus souvent ils

    ont reçu des balles dans la colonne ou dans la tête. Malgré cette

    répression, conclut le recteur de l’Université catholique de Bethléem, "je

    ne nous vois pas retourner à avant octobre dernier, la situation ne sera

    jamais plus comme avant, ni pour les Palestiniens, ni pour les Israéliens,

    qui vont peut-être comprendre le prix économique et moral de cette

    occupation". (apic/be)

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