Repères historiques
des structures du pays. Les structures religieuses n’ont pas échappé à ce
remaniement. L’EKD (Eglise protestante d’Allemagne) a été créée en 1947,
deux ans avant la RFA. De 1949 à 1969 une seule structure a existé pour les
27 Eglises provinciales d’Est et d’Ouest. En 1969 les Eglises de l’Est ont
été contraintes de créer une Fédération des Eglises évangéliques autonome
par rapport à l’EKD : en effet, un article de la Constitution est-allemande
interdisait aux Eglises du pays toute activité diaconale en dehors du territoire national.
Le travail commun des Eglises de l’Est et de l’Ouest a encore duré huit
ans après la construction du mur de Berlin. Pendant 20 ans l’EKD a été le
seul signe visible de l’unité allemande.
Le 6 mars 1978 Mgr Schonherr a rencontré le secrétaire du SED, Walter
Ulbricht, pour jeter les bases d’un compromis entre l’Eglise et l’Etat : "
Ni contre ni à côté, mais à l’intérieur du socialisme". Il affirmait ainsi
le refus de l’Eglise de jouer un rôle opposionnel, contrairement à l’Eglise
catholique en Pologne.
En 1988 Mgr Werner Leiche s’est entretenu avec le chef de l’Etat Erich
Honecker, qui le 11 juin 1989 assistait à la nouvelle consécration de la
cathédrale de Greifswald en présence de tous les évêques de RDA à l’exception de celui de Berlin, jugé trop contestataire. Une rencontre à la mairie
avait suivi le culte.
Rôle des Eglises au sein du mouvement contestataire
Début 1978 l’Etat a inséré l’éducation paramilitaire dans les programmes
scolaires. L’Eglise a réagi en relevant qu’un tel enseignement est contraire au discours officiel sur la paix. Elle a répondu par les "Décades pour
la paix" en novembre. Ces décades sont rapidement devenues un lieu de libre
expression sur tous les problèmes que ne tranchent pas les discours officiels du Parti, tels que la paix, mais aussi l’écologie, comprise comme la
paix avec l’environnement et présentée officiellement comme un luxe du système capitaliste.
deux manifestations organisées à Berlin les 13 décembre 1987 et 7 janvier 1988 par le gouvernement, le Parti et les Jeunesses communistes ont
réveillé la contestation. Des arrestations et des expulsions avec retrait
du passeport - déchéance de la nationalité - les ont suivies. Scénario
identique lors de la commémoration du bombardement de Dresde, en février
1988.
L’Eglise intervient : elle prend la défense des jeunes arrêtés, met à
leur disposition un avocat et obtient qu’il n’y ait plus de retrait de
passeports. (apic/bip/cor)