Rencontre orthodoxo-catholique de Genève (040392)
Genève, 4 mars(APIC) La rencontre entre délégations de l’Eglise orthodoxe
russe et de l’Eglise catholique romaine lundi et mardi à Genève a permis la
mise en place de "mécanismes de consultations oecuméniques" pour résoudre
les tensions entre catholiques et orthodoxes qui se passent sur le terrain,
notamment en Ukraine, a déclaré mercredi à l’APIC Joaquin Navarro Valls,
porte-parole du Vatican. Le fait important, a-t-il précisé, c’est que l’on
a décidé qu’il y aura un dialogue continuel entre l’évêque catholique et
l’évêque orthodoxe local lorsqu’il y a des problèmes.
Navarro Valls relève que dans le passé, sur le territoire de l’ex-URSS,
il n’y a pas toujours eu les contacts préalables nécessaires avant la création de nouvelles structures ecclésiales : "Il y a eu des situations où
parfois l’on ne se parlait pas entre l’évêque catholique et l’évêque orthodoxe, on s’ignorait, c’était très grave". Désormais, il devrait donc y
avoir une consultation préalable des orthodoxes avant, par exemple, la
création d’une paroisse catholique. "C’est sans aucun doute un grand
progrès".
Quant au dialogue avec l’Eglise orthodoxe ukrainienne autocéphale, qui
fait une rude concurrence - surtout en Ukraine occidentale - à l’Eglise orthodoxe officielle, Navarro Valls estime que c’est un problème indépendant
: "On n’a pas pu en discuter, car elle ne dépend pas de Moscou". L’important, estime-t-il, est le dialogue oecuménique avec le Patriarcat de Moscou, étant entendu que Moscou considère l’Eglise orthodoxe autocéphale
ukrainienne comme schismatique et non canonique. Le problème est de savoir
si l’Eglise orthodoxe de Moscou peut effectivement parler avec l’Eglise autocéphale. Officiellement, le Vatican ne discute qu’avec le Patriarcat de
Moscou. Mais sur le terrain, l’Eglise catholique locale peut être amenée à
’discuter’ avec les "autocéphales", s’il s’agit par exemple d’éviter que ne
se développe une sorte de "guerre civile". Mais ce ne serait pas une
discussion au même niveau!
Concernant la création de structures ecclésiales de rite latin en Russie, la partie orthodoxe en a accepté le principe, après un "dialogue fraternel" avec l’évêque orthodoxe du lieu, et pour autant qu’il y ait dans la
région une population catholique, comme par exemple en Sibérie, des populations d’origine allemande, polonaise ou lituanienne, déportées à l’époque
de Staline. Ceci n’est de toute évidence pas du prosélytisme, mais la réponse aux besoins pastoraux d’une population catholique. Navarro Valls souligne que le dialogue a progressé et que les deux parties se connaissent
mieux, et "si certaines divergences subsistent dans la façon de voir les
problèmes, on considère toutefois que l’on peut les dépasser par la voie du
dialogue". Du point de l’atmosphère, le porte-parole du Vatican considère
les discussions de Genève comme "aimables et claires, sans aucune amertume".
Un accord qui aura des conséquences positives pour le futur
Cette rencontre "est sans aucun doute un signal positif pour la rencontre du Phanar" qui réunira dans dix jours au siège du Patriarcat oecuménique de Constantinople les quatorze primats orthodoxes. Ainsi, affirme Navarro Valls, le métropolite Cyrille pourra y apporter ce communiqué en disant que l’Eglise catholique est "raisonnable". Ainsi, avoir obtenu un certain accord avec l’Eglise orthodoxe russe permet de penser que l’on pourra
obtenir des résultats semblables avec d’autres Eglises orthodoxes avec lesquelles il y a des difficultés, comme par exemple en Roumanie ou en Serbie.
(apic/be)