Rencontre oecuménique sur l’environnement de l’Amazonie
Belem (Brésil), 22septembre(APIC) La rencontre oecuménique décidée par le
Conseil National de Eglises Chrétiennes (CONIC) pour réfléchir sur les moyens de défendre l’environnement de l’Amazonie a terminé ses travaux le 15
septembre à Belem, la capitale de l’Etat du Para. La rencontre avait pour
thême: "Le défi de l’Amazonie". L’objectif visé: la formulation, de la part
des Eglises, de propositions d’actions concrètes pour défendre l’environnement de ce qu’on appellle "les peuples de la forêt" de L’Amazonie. Les
pressions des délégués sur les autorités locales ont permis également la
libération provisoire de paysans et paysannes emprisonnés depuis la mijuillet.
A fin du Congrès, les 70 représentants des Eglises du Brésil, mais aussi
d’Allemagne, des Etats-Unis, de la Suède, de la Suisse, de Norvège et du
Japon ont écrit "La Lettre de Belem". Cette lettre invite les Eglises chrétiennes des pays riches à encourager les campagnes faites dans le monde
pour que les pays pauvres ne paient pas leur dette extérieure. En outre la
lettre demande aux Eglises "d’appuyer les boycotts menés contre l’importation de produits tirés d’activités agricoles et industrielles qui dévastent
l’environnement de l’Amazonie".
Au sujet de la Conférence des Nations-Unies prévue aussi sur l’environnement de l’Amazonie, qui aura lieu à Rio de Janeiro en juin 1992, les participants se demandent si l’on ne va pas vers une frustration supplémentaire. Vu l’inertie des gouvernements actuels et le manque d’information de la
population, ils restent inquiets pour l’avenir. Pour sortir de ce risque
sérieux d’enlisement, le document suggère que les Eglises participent, même
comme observatrices, au forum alternatif des organisations non-gouvernementales. Celles-ci préparent une rencontre sur le même sujet. Elle aura lieu
en même temps que celle organisée par l’ONU.
Solidarité avec des prisonniers
Lors du Congrès oecuménique un groupe de représentants des Eglises présentes a visité les sept personnes emprisonnées depuis le 17 juin de cette
année dans la ville de Maraba, dans l’Etat du Para. Cinq hommes et deux
femmes ont été détenus par la police sous l’inculpation d’avoir envahi les
terres de l’Etat. Ces semaines passées en prison, selon le "Mouvement des
sans terre", démontrent le caractère politique donné à ces détentions. Durant la rencontre oecuménique , une lettre de protestation a été envoyée à
Nelson Amorim, le président du Tribunal de Belem. L’opinion publique, de
son côté, a maintes fois mis en évidence l’étrange retard mis au jugement
de l’"habeas corpus".
La lettre de protestation énumère une série de faits contraires au droit
mais qui sont ouvertement pratiqués dans beaucoup de régions d’Amazonie:
"Alors que des paysans sans terre sont persécutés par la police et traités
de ’bandits’ par des hommes de lois, des assassins et ceux qui les ont
payés, publiquement reconnus et dénoncés par la presse du pays, sont traités comme des privilégiés et la Justice n’arrive jamais à les inquiéter",
affirme la lettre.
Tout le monde pense cependant que si les sept personnes inculpées ont pu
sortir de prison le 16 septembre dernier, on le doit directement aux pressions exercées par les représentants des Eglises. Pour le pasteur Rui Bernhard, secrétaire de la Mission de l’Eglise luthérienne, c’est un exemple
concret de la manière dont les Eglises peuvent se solidariser avec les plus
pauvres. Quant à Marcelo Freitas et José de Castro, tous deux avocats des
sept anciens prisonniers, ils ont adressé une nouvelle requête au Tribunal
pour demander l’annulation du procès des paysans persécutés. (apic/em/ba)