Rencontre nationale de prêtres et d’évêques noirs du Brésil (150392)
Sao Paulo, 15 mars(APIC) La 4e rencontre nationale de prêtres et d’évêques
catholiques du Brésil aura lieu dans la ville d’Anchieta (Etat do Espiritu
Santo) du 20 au 24 juillet 1992. "Le Comité national des prêtres et évêques
noirs", qui diffuse ces jours dans tout le Brésil cette information a déjà
choisi le thème de la rencontre: "Culture noire-brésilienne et Liturgie".
Durant la rencontre, une retraite est aussi prévue. "La prière qui germe à
partir de la négritude" en sera le fil conducteur.
Les rencontres de religieux noirs augmentent régulièrement depuis plusieurs années au Brésil. Pour ne parler que de 1992, il y aura en mai une
rencontre de séminaristes et de prêtres noirs de l’Etat de Rio de Janeiro.
En juin ce sera le tour d’universitaires noirs dans l’Etat de Espirito Santo. En juillet se réuniront également les religieuses noires des Congrégations des Soeurs de "Jésus Crucifié" et des Soeurs de "l’Ascension" dans
l’Etat du Maranhao. De telles réunions ne sont pas propres au Brésil. En
Amérique latine des rencontres de ce type se multiplient également.
L’une des questions évoquées fréquemment au cours de ces rencontres est
la réalité du racisme qu’ont eu à affronter les religieuses et les prêtres
noirs, spécialement au cours de leur formation, mais aussi dans la vie courante. Cette situation, qui aujourd’hui tend à s’améliorer, a profondément
marqué la vie de ces personnes qui ont souffert du racisme dans les noviciats et les séminaires.
Dans la société brésilienne, la problématique du racisme est un problème
réel, même si les lois interdisent d’établir des différences de comportement envers les gens de couleur. L’une des causes de ce racisme est à chercher dans l’histoire du Brésil. L’esclavage n’a été en effet officiellement
aboli qu’à la fin du XIXe siècle seulement. Il en reste de nombreuses marques, surtout dans le domaine social et du revenu économique. Plus on monte
dans la hiérarchie sociale, plus le nombre des Noirs devient clairsemé. Par
contre, pour les bas revenus et les personnes qui sont au chômage, c’est le
contraire. Le pourcentage des personnes de couleur dans cette situation est
bien plus élevé que celui des Blancs, en comparant la proportion respective
des populations noire et blanche sur le territoire national.
Récemment trois jeunes filles ont été invitées à sortir d’un dancing
"Lime Light", dans la ville de Sao Paulo, pour le seul motif d’être mulâtres. Les mouvements noirs de la commune de Sao Paulo ont immédiatement demandé la suspension de la patente de cet établissement, en se basant sur
l’article 119 des lois municipales qui interdit une telle discrimination.
(apic/em/ba)