Rencontre du Conseil permanent (171287)
Paris, 17décembre(APIC) Les 14, 15 et 16 décembre 1987, les membres du
Conseil permanent trimestriel de la Conférence épiscopale française se sont
réunis en présence des présidents de Commissions, à Paris. Le Conseil a
principalement étudié le rapport de bilan des Commissions Sociales et pour
l’Unité des chrétiens. Il a en outre rendue publique une déclaration avant
les prochaines élections présidentielles de 1988, ainsi qu’un communiqué
qui a fait suite à la rencontre d’une délégation d’évêques avec le Ministre
de l’Education nationale le 9 décembre dernier.
Comme ce fut le cas en 1981, avant les élections présidentielles et
législatives, la déclaration des évêques s’efforce d’indiquer quelques
points d’intention pour montrer aux catholiques qu’au nom de l’Evangile et
de la foi, il existe des programmes politiques auxquels les chrétiens ne
peuvent adhérer. Les évêques reprennent d’une part les point déjà affirmés
tels que la défense de la cellule familiale, le respect de la vie humaine
depuis sa conception jusqu’au dernier instant de l’existence, la défense
d’un enseignement libre ménageant aux jeunes "la possibilité effective
d’une formation pleinement humaine et donc ouverte à la dimension religieuse", une allusion claire aux événements de l’automne en matière de
catéchèse.
Dans le même temps, les évêques, reprennant quelques grands thèmes du
discours de Mgr Vilnet devant les évêques rassemblés à Lourdes début novembre, refusent de se résigner devant des questions telles que les immigrés, la solidarité et l’aggravation d’une société duale avec "d’un côté
les dynamiques et les performants et de l’autre les hommes livrés à la
précarité et relevant de l’assistance". "Les chrétiens travailleront, avec
d’autres, à la recherche de solutions neuves pour que solidarité et compétitivité aillent de paire", demandent les évêques aux catholiques. Ils
réaffirment d’autre part leur soutien au système de protection sociale
existant en France et, reprenant un des thème débattu à Lourdes, estiment
"qu’un surcroît s’impose".
L’appel de Mgr Vilnet en faveur du respect des immigrés est enfin repris
en ces termes: "Le soupçon systématique à l’égard de l’étranger ne favorise
guère la volonté de vivre ensemble. Pour l’ensemble des jeunes nés de parents étrangers, l’école et le travail, la vie de quartier et les associations sont des lieux ou se préparent et se réalisent peu à peu la véritable
intégration. La cohésion de notre communauté nationale en dépend pour demain."
Selon le communiqué rendu publique à l’issue de la rencontre d’une
délégation d’évêques composée de Mgr Plateau, Mgr Coloni et Mgr Panafieu et
M. Monory, Minsitre de l’Education nationale, "l’entrevue, proposée par le
Ministre, avait pour but de chercher une solution au délicat problème des
rythmes scolaires et du temps réservé à la catéchèse pour les enfants des
écoles primaires. (...) Le Ministre a assuré les représentants de l’Episcopat de son intention de demander désormais l’application stricte de la note
de service dont l’interprétation avait été source de conflit", cette note
de service demandait aux autorités administratives de consulter l’évêque du
diocèse avant toute décision en matière de modification du temps réservé à
la catéchèse. "Monsieur René Monory a d’autre part informé ses interlocuteurs de son intention de constituer très rapidement des groupes de travail
sur la question des rythmes scolaires pris dans son ensemble. Les représentants des différentes religions reconnues en France seront invités à participer à ce travail." (apic/vd/bd)