Les présidents des Conférences épiscopales de Suisse, de France, d’Allemagne,d’Autriche, de Belgique et du Luxembourg étaient réunis les 6 et 7 février à Salzbourg, en Autriche pour leur traditionnel échange fraternel et informel.
La tradition de ces rencontres est née après la Seconde Guerre mondiale d’une initiative entre la France et l’Allemagne, la Suisse jouant alors un rôle de médiation. Depuis quelques années, les pays voisins se joignent également à cette rencontre, a rapporté à cathobel Bruno Spriet, secrétaire général de la Conférence des évêques de Belgique.
La nouvelle dynamique Léon
Le premier volet des discussions a porté sur le début du pontificat du pape Léon XIV. L’impression générale était marquée par la confiance et l’espérance. Les priorités du Saint-Père s’inscrivent clairement dans la continuité de celles du pape François: une Église cherchant l’unité dans la diversité, engagée dans le dialogue, au service de la paix et résolument synodale. Son attitude humble et son écoute attentive ont profondément marqué les esprits, tout comme la première réunion du consistoire en janvier.
La comparaison avec saint François et le frère Léon (son successeur) est apparue spontanément: l’un a suscité un mouvement, l’autre lui a donné une structure. Cette image décrit bien la transition actuelle.
Comment mettre la synodalité en pratique?
Un deuxième volet des échanges fut consacré à la mise en œuvre concrète du synode sur la synodalité. Les Conférences nationales ont expliqué les étapes qu’elles entreprennent durant cette phase d’application.
En Allemagne, les travaux avancent vers la finalisation des statuts d’un conseil synodal, après une période de rapprochement constructif avec le Saint-Siège. Ce conseil réfléchira aux questions sociétales, aux sujets ecclésiaux dépassant les frontières diocésaines, ainsi qu’à l’affectation des ressources financières pour des projets sociaux et pastoraux.
Dans d’autres pays, une grande attention est portée à la formation: diffusion de la méthode de la «conversation dans l’Esprit», formation des prêtres au travail synodal, et formation des évêques à la transparence, à la responsabilité et au leadership.
L’un des défis reste d’articuler de manière pleinement catholique la synodalité, la hiérarchie ou les ministères ordonnés. De plus, plusieurs conférences ont exprimé leur préoccupation quant à une meilleure participation de divers groupes au processus synodal: personnes en situation de précarité, jeunes, prêtres, diacres, religieuses et religieux.
En France, la province ecclésiastique de Paris prépare un concile provincial dédié à l’accueil et à l’accompagnement des catéchumènes et des néophytes. En Belgique et en Suisse, une équipe synodale nationale a été mise en place.
Préoccupations politiques
Un troisième temps des échanges s’est penché sur la situation politique en Europe et dans le monde. Les évêques ont exprimé leurs inquiétudes face aux nombreux conflits actuels — en Ukraine, en Terre Sainte — ainsi qu’à la montée du populisme et des partis extrémistes. La gestion des migrations, le changement climatique et les débats sur l’avortement ont également été abordés.
Tous ont rappelé que le message chrétien est un message de fraternité universelle et de dignité humaine inconditionnelle. La doctrine sociale de l’Église demeure une boussole précieuse. Sans entrer dans le jeu partisan, les conférences cherchent des manières de faire entendre une vision chrétienne toujours pertinente de la société, de la solidarité et du respect de toute personne. (cath.ch/cathobel/mp)