Rencontre de prière pour la paix d’Assise samedi et dimanche (070193)
Belgrade, 7janvier(APIC) Le patriarche serbe orthodoxe Pavle ne participera pas samedi et dimanche prochain à la rencontre interreligieuse de
prière pour la paix. Dans une lettre au pape Jean Paul II - initiateur de
la rencontre d’Assise du 9 et 10 janvier, le patriarche Pavle fait valoir
notamment les difficultés créées par l’embargo contre la Serbie qui l’empêcheraient de se rendre en Italie. Il souhaite cependant rencontrer le pape
au cours de cette année. Pour préparer cette rencontre, il souhaite envoyer
"le plus vite possible" une délégation d’évêques serbes au Vatican.
Si cette rencontre a lieu au Vatican, ce sera la première de l’histoire
entre les chefs de l’Eglise catholique et de l’Eglise serbe orthodoxe. Dans
sa lettre au pape Jean Paul II, Mgr Pavle mentionne encore d’autres "obstacles objectifs en ce moment", sans entrer dans le détail. Il semble bien
cependant que le patriarche Pavle ait subi la pression des "faucons" du
Saint-Synode de son Eglise.
Une partie des évêques serbes orthodoxes est d’avis que dans le conflit
qui déchire l’ex-Yougoslavie, le pape Jean Paul II a défendu une position
"unilatérale et non objective". Du côté serbe, on reproche également au Vatican d’être favorable à une intervention militaire en Bosnie-Herzégovine.
Le métropolite serbe orthodoxe de Zagreb-Ljubljana, Jovan Pavlovic, a récemment accusé le pape d’avoir "détruit tous les ponts oecuméniques". D’autres arguments semblent aussi avoir été décisifs dans ce refus, comme l’absence d’autres chefs orthodoxes, notamment des patriarches de Constantinople et de Moscou.
Mgr Josef Homeyer, évêque catholique d’Hildesheim, en Allemagne, était
le week-end dernier à Belgrade pour remettre un message personnel de Jean
Paul II au chef de l’Eglise serbe orthodoxe. Le patriarcat à Belgrade a
qualifié la rencontre avec l’évêque allemand, qui s’est déroulée "dans un
esprit chrétien", d’"ouverte, honnête et cordiale".
La non participation de Mgr Pavle à la rencontre d’Assise n’est pas considérée par le patriarcat serbe orthodoxe comme un refus d’entretenir des
relations oecuméniques avec l’Eglise catholique. On a assuré à Mgr Homeyer
que l’Eglise serbe orthodoxe souhaitait "poursuivre et intensifier" les
contacts avec la Conférence épiscopale allemande. (apic/kpr/be)