de la FEPS sur la "Nuit de cristal"
Le droit des Palestiniens passé sous silence
Berne, 18octobre(APIC) C’est en raison de la montée de l’antisémitisme en
Suisse (des croix gammées apparaissent de plus en plus fréquemment sur les
murs des synagogues, des cimetières juifs ont été profanés) et pour
commémorer les pogroms anti-juifs commis par les nazis le 9 novembre 1938
que le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse
(FEPS) publiera prochainement une Déclaration sur la "Nuit de cristal". Non
encore rendue publique, cette Déclaration suscite déjà des remous, car si
elle mentionne le droit à l’existence de l’Etat hébreu, elle passe sous
silence le droit des Palestiniens.
Rappelant la tragique "Nuit de cristal" il y a cinquante ans, durant laquelle furent détruites les synagogues d’Allemagne et d’Autriche, le Conseil de la FEPS note qu’en ce moment-là, "en Suisse également, on ne fit
pas tous les efforts voulus pour porter secours aux juifs persécutés". Et
de regretter que des chrétiens aient eux aussi, manifesté de l’hostilité
envers les juifs : "Nous sommes conscients qu’en enseignant pendant des
siècles le mépris des juifs, les Eglises ont préparé le terrain de l’antisémitisme moderne".
Ce qui a provoqué la colère de nombreux chrétiens solidaires des Eglises
de Terre Sainte, c’est que la Déclaration répète "qu’il est du devoir des
Eglises et de chaque chrétien de prendre la défense du droit à la vie du
peuple juif, ce peuple qui nous est particulièrement proche, et de l’Etat
hébreu..." Dans une lettre ouverte, l’Association pour la reconstruction
d’Emmaüs, qui regroupe des chrétiens, des musulmans et des juifs, regrette
que l’on fasse de la défense de l’Etat hébreu un devoir pour les chrétiens,
alors qu’on ne parle pas du "droit à la vie du peuple palestinien". Faisant
une très brève allusion aux Palestiniens, la Déclaration mentionne
uniquement "la situation regrettable dans les territoires occupés".
"Nous reconnaissons que cette Déclaration est lacunaire, concède Pierre
Vonaesch, secrétaire théologique de la FEPS, mais l’intérêt premier de cette Déclaration est notre situation en Suisse, notamment la montée de l’antisémitisme; cette Déclaration voulait parler des juifs, et non pas tellement des Palestiniens, volontairement, parce que c’était difficile de tout
mettre dans une même déclaration." Pierre Vonaesch reconnaît qu’on a "évacué", en évoquant la situation d’Israël dans cette Déclaration, les difficultés des Palestiniens, notamment des chrétiens, en Israël et dans les
territoires occupés. "C’est le ferme espoir au niveau du Conseil de combler
cette lacune, mais la question est de savoir comment nous allons le faire,
conclut-il". (apic/be)