Relations entre le Saint-Siège et les pays de l’Est (090290)
Contacts permanents avec l’URSS, relations avec la Tchécoslovaquie
Rome, 9février(APIC) Le Vatican pourrait établir prochainement des contacts permanents avec l’Union Soviétique et rétablir des relations diplomatiques avec la Tchécoslovaquie,. C’est ce qu’a déclaré le cardinal Agostino
Casaroli, secrétaire d’Etat du Vartican, dans une interview accordée à
l’agence italienne ANSA à l’occasion de l’accord conclu le 9 février à Budapest sur la prochaine reprise des relations diplomatiques entre la Hongrie et le Saint-Siège.
Selon le cardinal Casaroli, le temps n’est cependant pas encore propice
à des relations diplomatiques formelles avec l’URSS. Mais il est possible
que soit conclu auparavant entre l’Union Soviétique et le Saint-Siège un
accord portant sur des contacts permanents de travail, ainsi que cela
s’était fait pour les rapports avec la Pologne qui, depuis juillet 1989, a
renoué ses relations avec le Saint-Siège. "L’important est de commencer",
souligne le cardinal Casaroli, qui rappelle qu’entre l’URSS et le Vatican,
il n’existait jusqu’à ces derniers temps "des rapports d’aucun genre".
On peut donc s’attendre, dans un avenir très proche, à un premier accord
entre l’Union Soviétique et le Vatican. La visite historique de M. Gorbatchev au Vatican, le 1er décembre dernier, a montré clairement que le souhait de rétablir des relations entre les deux Etats est réciproque.
Il n’y a pas qu’en URSS que l’on juge important de nouer des contacts
avec le Saint-Siège. C’est également vrai en Europe centrale, observe le
cardinal Casaroli. "Le fait de nouer des relations avec le Saint-Siège
n’est pas seulement un atout pour les rapports entre l’Eglise et l’Etat,
précise-t-il, mais c’est également un atout pour les relations politiques
en général".
Ainsi, la Tchécoslovaquie a-t-elle manifesté le désir d’en arriver rapidement à des relations suivies avec le Saint-Siège. Le cas de la Roumanie,
en revanche, est plus compliqué: le cardinal Casaroli estime qu’il faut
d’abord voir comment évolueront les problèmes importants que traverse ce
pays.
Grand artisan de l’Ostpolitik du Vatican, le cardinal Casaroli souligne
également le rôle de M. Gorbatchev dans les bouleversements en cascade que
l’on observe dans les pays de l’Est. "Personnellement, dit-il, je retiens
sa prise de position en faveur de la perestroïka. Elle a fortement contribué à accélérer un processus qui, à mon avis, était déjà dans une phase avancée mais qui aurait pu avoir besoin de plus de temps". (apic/jt/pr)