Relations Eglises-Etat dans le canton de Fribourg (091091)
Fribourg, 9octobre(APIC) Le Conseil d’Etat du canton de Fribourg a promulgué mardi 8 octobre la loi qui règle les rapports entre les Eglises et
l’Etat et, en même temps, arrêté les dispositions relatives à l’élection
des délégués à l’Assemblée ecclésiastique catholique provisoire. En clair,
cela signifie qu’une étape décisive de la mise en place du statut juridique
de l’Eglise catholique fribourgeoise vient de commencer.
Le 17 mai 1992, les citoyens catholiques fribourgeois seront appelés à
élire 69 délégués laïcs à l’Assemblée constituante catholique. Cette élection sera faite selon les modalités de la loi électorale fribourgeoise,
avec ou sans dépôt de listes, au scrutin majoritaire. Une élection tacite
au premier tour est interdite par l’arrêté du Conseil d’Etat; un deuxième
tour est prévu le 7 juin.
Accompagnés de 15 délégués des prêtres, élus par leurs pairs, et de 6
délégués désignés par l’autorité diocésaine, ces 69 élus auront pour mission de rédiger dans un délai de 5 ans le statut de l’Eglise catholique du
canton de Fribourg, statut voulu par la nouvelle loi sur les rapports entre
les Eglises et l’Etat approuvée par le Grand Conseil en septembre dernier.
Cette nouvelle loi respecte les liens historiques entre les Eglises et
l’Etat, mais établi une égalité entre les Eglises catholique et réformée.
Après un premier projet contesté par un référendum, la nouvelle loi, promulguée mardi par le Conseil d’Etat, impose aux catholiques une péréquation
cantonale supraparoissiale et suggère une organisation cantonale; elle
laisse en revanche le soin au futur statut, que rédigeront le 17 mai les
délégués élus, d’en régler les problèmes concrets, comme l’a signalé mardi
matin Jacques Ducarroz, adjoint du chef du Service de la législation du
canton, lors d’une conférence de presse: faut-il prévoir par exemple une
organisation cantonale ou régionale? Comment organiser la péréquation?
Faut-il accorder le droit de vote aux étrangers? Faut-il prévoir un référendum facultatif ou obligatoire lors des révisions ultérieure?
Autant de questions qui occuperont les délégués de cette Assemblée constituante. Et c’est pour bien montrer l’importance de cette assemblée et lui
donner la légitimité la plus grande possible, que le Conseil d’Etat a interdit des élections tacites au premier tour. (apic/ys/pr)