Relations Eglise-Etat dans le canton de Berne (031191)
Berne, 3novembre(APIC) Le conseiller d’Etat bernois Peter Siegenthaler,
chef du département des forêts, de l’agriculture et des cultes, a récemment
rendu public un rapport de 300 pages intitulé "Etat, Eglise et politique
dans le canton de Berne". "Pour moi, a estimé le conseiller d’Etat, il est
hors de question qu’il puisse exister une Eglise apolitique. Tout acte ecclésiastique, parole ou silence, a une portée politique". le rapport le démontre clairement.
Ce rapport sera soumis au Grand Conseil bernois lors de la session de
novembre ou de décembre prochain, en réponse à un postulat déposé en 1987
par le député radical Erwin Bischof. Le député, soutenu par 45 membres du
Grand Conseil, reprochait notamment aux Eglises leur engagement politique
et avait exigé une information sur les avantages et désavantages qu’occasionnerait une séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le chef du département
des cultes avait alors chargé deux experts, un politologue et un juriste,
d’une étude sur la question.
Concernant la "politisation de l’Eglise", le rapport conclut que l’Etat
d’aujourd’hui ne peut plus seulement s’intéresser à une Eglise viable - qui
ne lui est pas fondamentalement opposée - mais qu’il ne doit pas non plus
la considérer comme dernière instance. "Aussi longtemps que le canton de
Berne se donnera la peine d’entretenir des liens étroits avec une Eglise
parfois rebelle, il doit accepter de ne pas oublier sa propre relativité
pour ne pas perdre de vue toute dimension humaine et ainsi demeurer crédible. Le problème n’est pas que l’Eglise ou l’un de ses représentants expriment un point de vue politique critique, mais bel et bien l’effritement du
consensus acquis de longue date".
Le rapport se montre dissuasif quant à la tentation de séparer l’Eglise
et l’Etat. Un retour des Eglises au statut privé créerait un climat défavorable conduisant à la radicalisation et au fondamentalisme dans l’Etat et
dans la société. Cela constituerait une menace pour la paix confessionnelle.
Le recours à toute forme de subvention privée des Eglises pourrait en
outre porter préjudice à leur indépendance politique, peut-on lire. A en
croire le rapport, les Eglises réformées éclateraient probablement en entités ecclésiastiques distinctes. D’autre part, une privatisation signifierait vraisemblablement la fin d’une Eglise populaire.
Le rapport fait encore état des nombreux services sociaux ou d’assistance soutenus par les Eglises ou leurs oeuvres d’entraide. En cas de séparation, l’Etat devrait alors prendre le ralais. (apic/spp/pr)