Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Le bon Samaritain est-il mort ?

    Réflexions sur le Jeûne fédéral (040990)

    Evelyne Graf/Apic

    Fribourg, 4septembre(APIC) Nous vivons dans un temps de violence et d’indifférence croissantes face à la détresse des autres. Il n’y a qu’à ouvrir

    le journal: un automobiliste dépassant un groupe de cavaliers est brutalisé

    sans motif par l’un d’entre eux. Lorsque l’automobiliste veut discuter avec

    son agresseur, il est tellement battu qu’il doit être conduit à l’hôpital.

    Ou bien une personne âgée est blessée en plein après-midi par un jeune qui

    lui donne un coup de poing au visage sans raison apparente. L’appel à l’aide de son épouse se heurte à la froide indifférence des passants. Ces exemples ne sont pas des cas isolés, ils révèlent un état d’esprit qui voit

    grandir d’un côté la brutalité, de l’autre l’indifférence à la souffrance

    d’autrui. Pour trop de gens aujourd’hui, le bon Samaritain est mort.

    La malhonnêteté, la ruse, l’immoralité et les scandales font partie de

    la vie sociale, familiale, politique et économique. L’intégrité, le sentiment de la responsabilité personnelle et la reconnaissance ne vont pas de

    soi. La polarisation dans l’Eglise et la société engendrent l’insécurité.

    Le taux élevé de suicides dans notre pays fait frémir... Tout cela - et la

    liste pourrait s’allonger - invite à la réflexion. Réflexion sur les valeurs chrétiennes fondamentales comme le respect de la liberté et la dignité de la personne humaine, l’amour, la vérité, la paix, la justice et la

    solidarité. Réflexion aussi face à l’avenir, que l’on voudrait possible

    pour nous et nos enfants, dans un environnement sain, dans une Suisse qui

    apporte sa contribution à la construction d’une Europe unie et d’un monde

    solidaire qui pratique un commerce juste et honnête.

    Le Jeûne fédéral - que célèbrent les Eglises chrétiennes et la plupart

    des communautés juives chaque année le troisième dimanche de septembre

    (cette année le 16) nous offre une chance unique de prendre une nouvelle

    orientation et d’engager une nouvelle réflexion. Le Jeûne fédéral a une

    longue tradition et connaît aujourd’hui un regain d’intérêt auprès de particuliers et de groupes pour lesquels la promotion et le renforcement des

    valeurs éthiques dans notre pays fait partie des préoccupations

    prioritaires, notamment auprès de la "Commission pour le Jeûne fédéral 91"

    de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC).

    Le Jeûne fédéral précurseur d’une pensée oecuménique

    Quand la diète, le 1er août 1832 à Lucerne, désigna le troisième dimanche de septembre comme journée nationale annuelle de jeûne, de prière et

    d’action de grâce, c’était le résultat d’un long processus qui a finalement

    abouti à un consensus malgré les divisions confessionnelles : les catholiques, par exemple, avaient accepté la journée de prière réformée, qui était

    devenu en 1796 déjà une fête fédérale. Une année plus tard, les réformés

    consentirent à célébrer le Jeûne fédéral non plus un jour de semaine, suivant leur tradition, mais le dimanche, selon le voeu des catholiques.

    Gottfried Keller écrivit dans un de ses célèbres mandements du Jeûne fédéral: "Lorsque nos ancêtres ont introduit le Jeûne fédéral, ils l’ont fait

    dans l’esprit de cette unité de la foi élevée qui est au-dessus des confessions...". Cette "unité de la foi élevée" a rendu possible une conscience

    nationale suisse s’enracinant dans le symbole représenté par le serment du

    Grütli. Le rite du serment, habituel dans la tradition judéo-chrétienne

    lors de promesses importantes, éveille chez ceux qui le prononcent un

    sentiment de sincérité absolue, de loyauté et de responsabilité fraternelle

    face à Dieu.

    Ainsi le Pacte de 1291 commence solennellement par les mots "Au nom du

    Seigneur, Amen". De même aujourd’hui notre Constitution suisse, dans le but

    de fortifier l’alliance des Confédérés, commence par ces paroles "Au nom de

    Dieu tout puissant"

    Où en sommes-nous aujourd’hui ?

    La conscience de notre unité nationale et religieuse s’affaiblit dans la

    société pluraliste et sécularisée où nous vivons aujourd’hui, et peu nombreuses sont les personnes qui attendent encore quelque chose d’une journée

    de prière, de pénitence et d’action de grâces. Mais depuis quelques années

    cependant, des tentatives sont faites pour renouveler le Jeûne fédéral et

    le vivre de façon plus active.

    En 1985, 130 groupes se sont réunis pour la première fois lors de l’action oecuménique commune "Prier ensemble pour notre pays" à l’occasion du

    Jeûne fédéral. La "Commission pour le Jeûne fédéral 91" de la Communauté de

    travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC), dans laquelle sont représentées actuellement huit confessions, est en train notamment d’élaborer un

    appel commun. Les gens seront invités à faire un examen de conscience et à

    modifier leur comportement personnel à partir de ces questions: Où en sommes-nous aujourd’hui ? Par quelles valeurs devons-nous nous laisser diriger

    en tant qu’individus et communautés, afin que notre peuple puisse vivre

    conformément aux défis de notre époque ? Ce n’est pas seulement lors du

    Jeûne Fédéral 1991, mais dès maintenant qu’il faut libérer notre façon de

    vivre d’attitudes égoïstes et destructives.

    Le médecin et écrivain Paul Tournier, qui a vécu de 1898 à 1986 à Genève, a écrit que quelque chose doit changer en ce monde. Mais cela ne peut

    se faire que par des hommes qui deviennent eux-mêmes autres. Mais quand un

    homme se transforme sous l’influence de la grâce, ce n’est pas seulement

    son âme qui change, mais aussi tous ses faits et gestes. Il se sent soudainement libéré de vieilles habitudes qui le maintenaient prisonnier. Il se

    voit délivré de l’amertume et des remords qui le rongaient. Il se trouve

    incapable de perpétrer les injustices qu’il commettait inconsciemment. Il

    est prêt aux sacrifices demandés par sa foi. (kipa/eg/cor/gs)

    Réflexions du pasteur Rusterholz pour le Jeûne fédéral 1990

    En 1796 déjà, puis définitivement en 1832, l’ancienne journée de prière et

    de pénitence de l’Eglise réformée fut déclarée par la diète jour de Jeûne

    fédéral. Je me réjouis de la décision des autorités de l’époque d’inviter

    les citoyennes et citoyens à montrer leur reconnaissance pour notre

    héritage chrétien et à en tirer des forces pour la vie en communauté. Je

    souhaite à nos autorité d’aujourd’hui le même courage, c’est-à-dire

    qu’elles affirment que notre pays se donne son ordre au nom de Dieu, qui a

    fait alliance avec les hommes par l’intermédiaire de Jésus-Christ. Le Jeûne

    fédéral est pour moi l’occasion de remercier Dieu pour les libertés dont

    nous jouissons. Puisse-t-il devenir pour nous tous une journée de réflexion

    sur le fondement chrétien qui nous soutient également lorsque notre avenir

    est incertain.

    Pasteur Heinrich Rusterholz, président de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse, Berne.

    Réflexion de Mgr Joseph Candolfi pour le Jeûne fédéral 1990

    Chaque année à l’occasion du Jeûne fédéral, les évêques suisse s’adressent

    aux catholiques de notre pays dans une lettre pastorale commune. Cela montre l’importance que nous attribuons à cette Journée : c’est un jalon important pour l’unité de l’Eglise dans notre pays. C’est également le jour

    qui nous permet, avec l’ensemble des Suisses et des Suissesses, d’exprimer

    notre reconnaissance pour tout le bien qui nous est offert et de réfléchir

    à une conversion toujours à nouveau nécessaire. La lettre pastorale de cette année a pour thème "être chrétien - rendre témoignage". Face aux menaces

    et à l’insécurité causées par la crise qui s’est développée de façon dramatique ces dernières semaines, le Jeûne fédéral de cette année, comme jour

    de silence et de recueillement, a pour moi un sens encore plus profond et

    une signification encore plus importante que les années précédentes.

    Mgr Joseph Candolfi, président de la Conférence des évêques suisses,

    Soleure.

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus