Rééchelonnement de la dette sud-africaine (071189)
Berne, 7novembre(APIC) Les Eglises suisses se sentent "dupées" par les
banques suisses à propos du nouvel accord sur le rééchelonnement de la dette sud-africaine. Elles affirment mardi dans un communiqué que les bases
pour la poursuite du dialogue entre la délégation des Eglises et les représentants de l’Association suisse des banquiers, qui discutent depuis près
de trois ans sur les moyens de mettre fin à l’apartheid, n’existent plus.
La délégation ad hoc de la Fédération des Eglises protestantes de la
Suisse (FEPS), de la Conférence des évêques suisses (CES), de Pain pour le
Prochain et de l’Action de Carême, "a pris connaissance avec déception" de
la conclusion du nouvel accord de rééchelonnement. Depuis le début de son
dialogue avec les banques, la délégation cherche à les convaincre qu’une
pression économique accrue est nécessaire pour vaincre l’apartheid. Elle
attendait que cette pression augmente en vue du renouvellement de l’accord
sur la dette sud-africaine arrivant à échéance au milieu de 1990. Elle proposait aux banques d’élever le taux de remboursement à 15 % et de conclure
un accord pour une année seulement, tout en liant la conclusion d’un tel
accord à des conditions politiques visant à l’abolition de l’apartheid.
Des pressions diminuées
L’accord conclu maintenant par les banques, relève le communiqué de la
délégation, ne correspond en aucune manière aux souhaits des Eglises, non
seulement de Suisse, mais également des USA, de Grande-Bretagne, de France
et d’Allemagne. Sa durée est de 3 ans et demi et le taux de remboursement
est de 5 % par année. Ces dispositions allègent ainsi la pression économique sur l’Afrique du Sud. La délégation critique encore le fait que cet accord a été conclu à un moment particulièrement favorable pour l’Afrique du
Sud : juste avant les discussions des pays du Commonwealth concernant le
renforcement des sanctions. La délégation se dit d’autant plus déçue que
les représentants des banques, lors de la dernière réunion commune du 12
octobre à Berne ont laissé entendre que les négociations se poursuivaient
alors que l’accord avait probablement déjà été signé la veille.
Les Eglises étaient représentées dans ces discussions par Pius Hafner,
secrétaire de la Commission nationale Justice et Paix, Ferdinand Luthiger,
directeur de l’Action de Carême, le P. Damian Weber, missionnaire de Marianhill en Afrique du Sud, Hans Ott, secrétaire central de Pain pour le Prochain, le pasteur Silvia Michel, de la FEPS, Catherine Berger, secrétaire
de la délégation, l’économiste Peter Tschopp et les parlementaires fédéraux
Vital Darbellay, Rolf Seiler et Sergio Salvioni. Les banquiers étaient représentés notamment par F. Lusser (UBS), H. J. Heun (CS), W. Notz (UBS), B.
Stettler (SBS), Ch. Winzeler (Association suisse des banquiers), H. Schneider (Association suisse des banquiers). (apic/be)